Libre, mais pas tout à fait. | Yerson Olivares via Unsplash
Libre, mais pas tout à fait. | Yerson Olivares via Unsplash

Hotspots, satellites, montgolfières: comment les Américains tentent d'apporter l'internet «libre» à Cuba

Les idées fusent.

Après les manifestations du 11 juillet à Cuba, le gouvernement s'est empressé de bloquer l'accès à internet mobile. Le réseau est finalement revenu trois jours plus tard, mais toujours sans accès aux réseaux sociaux étrangers comme WhatsApp, Facebook et Twitter, accusés d'appeler «au meurtre et aux lynchage».

Un blocage immédiatement dénoncé par Washington. «Les tentatives de bâillonner, y compris par des moyens technologiques, la voix du peuple cubain, ne pourra jamais faire taire ou étouffer ses aspirations légitimes à la liberté ni aux droits humains», a proclamé le porte-parole du département d'État, Ned Price.

Mais le gouvernement américain ne se contente pas de vœux pieux. Comme le raconte Quartz, plusieurs élus de Floride et ainsi que des associations de défense des droits humains étudient les moyens de fournir à Cuba un réseau internet «libre» garantissant la liberté d'expression et d'information. «Le rétablissement de l'accès internet pour les Cubains est une priorité de Joe Biden», a confirmé le secrétaire d'État à la Maison-Blanche Jen Psaki.

Good morning Cuba!

En pratique, pourtant, apporter un accès internet est loin d'être aussi facile que diffuser une radio clandestine sur les grandes ondes. Lee gouverneur de Floride Ron DeSantis a d'abord envisagé de recourir aux défunts ballons Loon de Google, qui promettaient d'apporter internet aux zones reculées via des ballons stratosphériques.

Un projet abandonné pour des raisons économiques, mais qui présentait aussi des problèmes pratiques, car les connexions fournies par les ballons auraient été incompatibles avec les cartes SIM du réseau télécom cubain. De plus, les signaux transmis vers le sol auraient pu être interceptés par le gouvernement cubain.

Une deuxième idée consiste à utiliser le nouveau réseau de satellites Starlink de SpaceX, qui couvre justement la plupart de l'île. Sauf que la réception des signaux nécessite d'être muni d'un téléphone compatible ou d'une antenne parabolique, ce qui est loin d'être le cas de la majorité des Cubains et pas franchement discret.

DeSantis a suggéré une troisième piste, consistant à se servir de l'ambassade américaine et de la base militaire de Guantanamo comme de bornes wifi géantes. Mais, évidemment, cela suppose que les Cubains puissent se rapprocher suffisamment de ces endroits, la portée du wifi étant limitée à 250 mètres à l'extérieur.

En attendant, le seul moyen de détourner l'interdiction des réseaux est de passer par les réseaux privés virtuels (VPN), utilisés dans de nombreux pays où la censure est pratiquée.

La plupart de ces services sont néanmoins payants, et certains pays arrivent malgré tout à les bloquer. Bref, l'information «made in USA» n'est pas prête de déferler à Cuba. Ce qui n'a pas empêché la révolte des Cubains, pas dupe des informations officielles.

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