Lancement sans 3, 2, 1... | Kratos
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Aux États-Unis, Kratos teste un drone lanceur de drones kamikazes

De quoi profondément bouleverser un champ de bataille.

Tel que le décrit The Drive, c'est une version aéronautique, guerrière et meurtrière d'une poupée russe. Kratos, firme en pointe dans le secteur de la défense est surtout connue pour son impressionnant «ailier robotique» XQ-58A Valkyrie. Elle a annoncé avoir testé un drone plus modeste en taille et en performances que ce dernier, mais qui serait capable de lancer lui-même ce que les Anglo-Saxons nomment des «loitering munitions», soit des drones suicides ou kamikazes.

Envoyé dans les airs grâce à une catapulte, le lanceur en question est un petit drone nommé Air Wolf. Celui-ci est directement dérivé d'un autre petit appareil qui fonctionnait sans être humain, le MQM-178 Firejet, conçu comme une cible mouvante pour les pilotes ou les personnels au sol, à des fins d'entraînement.

Il a la même enveloppe et plus ou moins les mêmes capacités de vol que son aîné (subsonique, plafond de 35.000 pieds, etc.), mais ses visées s'avèrent bien différentes. Il est conçu pour les opérations offensives.

Air Wolf est capable de missions de surveillance et d'acquisition de cible, mais il a également été doté de la capacité de lancer, en vol, les mini-drones kamikazes Switchblade de la firme AeroVironment. Une caractéristique qui fait de ce duo une arme redoutable, dans un nombre multiple de situations très diverses.

Initialement, comme le rappelle The Drive, le Switchblade a été conçu pour être opéré et contrôlé depuis le sol par un militaire ne nécessitant aucun soutien. Comme le Air Wolf, il est doté d'une ribambelle de capteurs lui permettant de mener à bien, sans risque pour la vie humaine, des missions de surveillance, d'acquisition et de suivi de cible en zone chaude, ou de relai de communication pour les autres unités engagées.

L'essaim de feu

Mais le Switchblade, malgré sa petite taille, peut également être doté d'une tête explosive, le transormant alors en «loitering munitions», un drone capable de devenir kamikaze si une cible devait être désignée durant son vol. L'appareil est capable de voler et de suivre ses cibles de manière autonome, mais peut également être contrôlé plus finement depuis le sol par son opérateur.

Du fait de sa petite taille, le Switchblade n'est doté que d'une autonomie de vol de quinze petites minutes. S'il est opéré depuis le sol, il ne peut dépasser une distance de 25 kilomètres environ.

Tout change bien entendu s'il est lancé depuis les airs, en l'occurrence depuis l'Air Wolf: aux dires de Kratos, qui n'entre pas dans les détails, celui-ci est capable de voler sur «des centaines de miles», transformant et démultipliant littéralement les usages possibles du Switchblade.

Le faible coût de l'Air Wolf (Kratos parle de 500.000 dollars environ, une fraction du prix d'autres drones plus évolués), son autonomie de vol et cette capacité à lancer ces mini-drones létaux et semi-autonomes, eux-mêmes peu dispendieux, en font deux clients parfaits pour les tactiques très en vogue des attaques en essaim, présentées comme l'un des pans les plus importants de la guerre du futur.

Effectuées à distance, elles ne mettent pas la vie des pilotes en danger. Le but consiste à déborder l'ennemi par la force du nombre afin de surpasser ses capacités de défense et à noyer ses contre-mesures par la masse des aéronefs et missiles offensifs.

L'Air Wolf étant un drone de taille réduite, il pourrait lui-même être lancé non depuis le sol, mais depuis un autre aéronef plus massif, pourquoi pas un drone: le tout deviendrait plus redoutable encore.

Redoutable. Et très enviable, sur le plan stratégique du moins. Car toutes les armées du monde, et pas seulement les plus fortunées, courent derrière cette «guerre d'attrition», cette possibilité de lancer des offensives à des distances éloignées mais dont les coûts humains et financiers seraient réduits. Les membres de l'armée pourraient continuer de désorganiser les défenses ennemies ou d'abattre des cibles confortablement assis à l'abri d'un écran.

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