De toute façon, elle est plutôt moche en vert. | Geoffroy van der Hasselt / AFP

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L'engouement pour l'hydrogène ne durera peut-être pas

Tout le monde en fait, mais qui en demande vraiment?

L'hydrogène est le serpent de mer des énergies renouvelables. Si elle est loin d'être sans critique légitime, la pile à dihydrogène est présentée par ses thuriféraires comme l'un des meilleurs moyens de produire une énergie abondante aux impacts environnementaux limités.

Des géants de l'énergie comme EDF ou Air Liquide aux constructeurs automobiles en passant par des start-up dédiées, un certain nombre d'acteurs publics comme privés œuvrent à trouver à l'hydrogène des applications concrètes, tout en augmentant sa production. Seulement, alors que toute une économie se développe autour de cette technologie, dans la réalité, pour l'instant, personne n'en veut vraiment.

Malgré les progrès théoriques de la pile à dihydrogène (moins lourde, plus rapide à recharger), ils s'avèrent beaucoup moins rapides que ceux des batteries lithium-ion –ou de leurs éventuelles remplaçantes. General Motors, Volkswagen et Mercedes, notamment: parmi les constructeurs ayant tenté de concevoir des voitures à hydrogène, certains ont abandonné cette piste afin de se recentrer sur l'électrique.

Qui en veut?

Les batteries dominent ainsi le domaine des transports où il ne reste plus grand-chose à conquérir, mis à part les trains roulant au diesel. Et encore: ces derniers peuvent être convertis en engins électriques, et, si la transformation nécessite de lourds investissements initiaux en matière d'infrastructure, elle permet de se passer totalement de carburant et constitue peut-être un meilleur choix à long terme.

Selon Ars Technica, c'est du côté de l'industrie que l'hydrogène pourrait trouver son usage. Seulement, les énergies fossiles sont encore largement plus compétitives financièrement.

Dans un rapport sur le sujet, BloombergNEF estime que les gouvernements devront légiférer s'ils souhaitent que l'industrie se tourne vers les piles à combustible –une lourde taxe carbone pourrait être nécessaire pour accélérer la transition. Faut-il alors fournir autant d'efforts pour une source d'énergie, quitte à excéder la demande réelle?

Une production supérieure à la demande n'est pas nécessairement une mauvaise chose, explique Ars Technica. Ces dernières années, la Chine a par exemple produit des panneaux photovoltaïques en masse, ce qui a fait considérablement chuter les prix et donc contribué à populariser cette source d'énergie.

Mais les piles à combustible ne sont pas comparables au solaire. Si la combustion de dihydrogène est bien décarbonée, sa production ne l'est pas forcément. Pour que l'hydrogène soit une source d'énergie propre, elle nécessite des infrastructures fonctionnant elles aussi aux énergies renouvelables, et capables de capter le CO2 émis par la production. Sans elles, la surproduction de dihydrogène ne servirait à rien, et le serpent se mordrait la queue.

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