Pour faire peur, il faut montrer les crocs. | Joel Kowsky / NASA / AFP
Pour faire peur, il faut montrer les crocs. | Joel Kowsky / NASA / AFP

Les États-Unis prêts à révéler une arme spatiale secrète

Mais pourquoi donc lever ce voile?

Le 20 août, le site Breaking Defense dévoilait que les États-Unis s'apprêtaient à lever l'épais secret entourant une arme spatiale dont seules quelques dizaines de personnes connaissent l'existence et le but. Mieux: les officiels poussant pour cette déclassification, notamment le général John Hyten, vice-patron de l'état-major américain, souhaitaient qu'une démonstration de l'engin soit réalisée et montrée au monde.

Les événements en Afghanistan et l'attention qu'ils requièrent ont logiquement eu raison de ces velléités. Et les experts de se lancer dans un grand jeu spéculatif: de quelle arme peut-il bien s'agir, et pourquoi ainsi bander ses muscles dans l'espace?

Il est un fait sur lequel ne plane aucun mystère: les armes antisatellites sont une réalité, et ce depuis longtemps. La Chine développe ses propres systèmes, tout comme la Russie, l'Inde a scandalisé le monde en détruisant en 6.500 débris un vieux satellite, la France travaille également sur un laser capable de neutraliser une machine spatiale trop embarrassante.

Les États-Unis, quant à eux, ne reconnaissent officiellement et jusqu'ici qu'une seule arme spatiale, présentée en 2020: le Counter Communications System, un système au sol capable de brouiller les communications entre un ennemi et ses satellites. Le pays a également prouvé en 2008 être capable d'utiliser des missiles initialement dédiés à d'autres missions pour aller frapper dans l'espace.

Selon Breaking Defense, il existe plusieurs possibilités. Justement parce que le pays a prouvé être capable de détruire depuis le sol un satellite avec un missile «traditionnel», certains experts pensent que cette arme classée «Special Access Program», soit le niveau le plus secret dans l'administration américaine, pourrait lancer ses projectiles directement depuis l'orbite terrestre.

D'autres en revanche imaginent un système laser basé au sol, similaire à celui sur lequel travaille la France et capable d'«aveugler» tout satellite hostile ou indésiré. Troisième option possible: un petit satellite «garde du corps», aisément manœuvrable, bardé de contre-mesures et destiné à défendre d'autres satellites cruciaux contre toute menace éventuelle.

Enfin, l'éventualité digne de l'Étoile Noire de Star Wars d'un satallite doté d'une arme laser ou à micro-ondes et doté de la capacité d'annihiler un objet au sol ou dans les airs, est également citée. Le quoi reste donc un mystère, mais le pourquoi est lui plus clair.

Nouvelle guerre des étoiles

La première raison d'une telle déclassification est de donner un peu plus de substance à la Space Force, sixième branche de l'armée des États-Unis, créée avec force publicité par l'administration Trump en 2019.

En outre, le secret terrestre n'est plus celui de l'espace. La baisse du coût du lancement de satellites, notamment avec l'arrivée d'acteurs privés comme SpaceX ou le renforcement des capacités spatiales chinoise, fait que le pot au rose ne pourrait rester secret très longtemps s'il était placé en orbite –le ciel peut désormais grouiller de petits espions discret et peu coûteux.

Mais, sur le plan militaire, les États-Unis dépendent fortement de ses satellites, beaucoup plus que deux de ses principaux rivaux, la Chine et la Russie. Le pays a donc tout intérêt à faire passer un message clair: ne nous cherchez pas de noises dans l'espace non plus, car nous avons de quoi nous défendre, voire de vous rendre la pareille.

Il est donc nécessaire de placer également le principe de dissuasion en orbite. Or, on ne fait pas peur avec de l'invisible et de l'inexistant: pour qu'elle ait un quelconque impact, la dissuasion suppose de montrer une partie au moins de ses atouts à son adversaire.

«La dissuasion ne se déroule pas dans un monde classifié. Elle ne se déroule pas dans le noir, elle se déroule dans le blanc», expliquait à ce propos John Hyten.

Qui se plaint depuis des années du trop grand secret entourant les armes spatiales américaines: ses supérieurs, notamment Joe Biden sur lequel repose en partie la responsabilité de la déclassification annoncée, pourrait rapidement lui donner raison.

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