Autour de cet ouvrier, des milliers de batteries et le danger qui rôde. | STR / AFP
Autour de cet ouvrier, des milliers de batteries et le danger qui rôde. | STR / AFP

Les «fermes à batteries», inquiétantes bombes à retardement

Installées partout en Grande-Bretagne, elles effraient certains experts.

Le Daily Mail décrit des bâtiments discrets, disséminés un peu partout dans les champs et recoins ruraux de la Grande-Bretagne, dont seul émerge un discret bourdonnement électrique.

Ce sont des «fermes à batteries», que le pays installe à tour de bras pour muscler sa grille électrique et lui offrir une réserve électrique immédiatement exploitable, indispensable pour amortir les intermittences liées aux énergies renouvelables.

Source de revenus pour les personnes ou collectivités les accueillant sur leurs terres, ces stockages électriques géants sont également une source d'inquiétude pour certains experts. Selon un rapport publié par deux physiciens réputés, ces accumulations de lithium-ion peuvent représenter un risque de désastre proche voire plus grave que celui qu'ont subi le port et la ville de Beyrouth en 2020.

«Ce n'est pas une manière de dire “pas dans mon arrière-cour”», explique Wade Allison, professeur émérite de physique à Oxford, décrivant le «nimbisme» (attitude qui consiste à s'opposer à un projet local malgré les bénéfices pour l'intérêt plus général).

«C'est un potentiel nouveau Grenfell Tower, des gens risquent de mourir», ajoute le chercheur, faisant cette fois référence au dramatique incendie d'une tour londonienne ayant coûté la vie à près de quatre-vingts personnes en juin 2017, et traumatisé la nation entière.

TNT

Les inquiétudes sont légitimes. On le sait et c'est l'une de leurs principales limitations, les batteries au lithium-ion sont susceptibles de surchauffer et de prendre feu. Or, ces fermes à batteries en renferment des milliers et, en cas de défaillance grave de l'une d'entre elles, un effet domino peut être craint.

Ce type très spécifique d'incendie, qui ne nécessite pas d'oxygène pour brûler, peut atteindre des températures de 600°C (assez pour faire fondre l'aluminium) et ne peut être vaincu que par des techniques d'extinction spéciales, peut également toucher les véhicules électriques et est particulièrement redouté des pompiers.

Selon Allison, un brin catastrophiste peut-être, de tels incendies, les explosions possibles et les émanations toxiques qu'ils provoqueraient pourraient ravager les villages environnants. Les auteurs du rapport notent en outre que ces fermes à batteries ne sont pas sérieusement régulées et encadrées par le droit britannique, bien qu'elles «stockent une énergie électrochimique équivalente à des centaines de tonnes de TNT».

Pour booster le secteur, le gouvernement Johnson a même assoupli les règles en 2020. Le Daily Mail note que le danger n'a rien de théorique: la Corée du Sud, explique le quotidien, a connu vingt-trois feux d'installations de ce type l'an passé, et un récent incendie dans l'Illinois a nécessité l'évacuation de plusieurs milliers de résidents voisins.

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