Malmenée cette année, Ferrari espère rebondir avec l'arrivée des nouveaux règlements en 2022. | Valery HACHE / AFP
Malmenée cette année, Ferrari espère rebondir avec l'arrivée des nouveaux règlements en 2022. | Valery HACHE / AFP

Formule 1: Ferrari se dote d'un simulateur du futur pour retrouver les sommets en 2022

Une génération d'avance?

Pour celles et ceux qui l'ignorent, 2022 marquera, pour la Formule 1, une année charnière de profonds chamboulements techniques, destinés à accompagner la baisse drastique des budgets imposée à la discipline, et à offrir aux pilotes des véhicules capables d'un spectacle sportif plus âpre et plus enlevé.

La saison prochaine est donc considérée par les écuries comme un grand «reset», une remise à plat technique à même de briser la domination totale de Mercedes, que fait déjà trembler Red Bull lors de l'exercice en cours. Ces structures dont le secteur spatial ou aéronautique envient souvent l'excellence technologique doivent donc d'ores et déjà se préparer à ces nouveautés aux effets encore méconnus.

En 2019 et à l'invitation de l'écurie, nous avions l'honneur et la chance de visiter les installations d'Alpine F1 –qui courait alors encore sous le nom de la maison-mère Renault– à Enstone dans l'Oxfordshire.

Nous avions pu constater à quel point le simulateur de l'écurie, avec sa soufflerie dernier cri et, bien sûr, les prévisions informatiques des techniques de design génératif utilisées pour la conception des monoplaces, constituaient l'un des moteurs de la réussite globale des teams –ou au contraire de leur échec, notamment à faire correspondre les prévisions de l'ingénierie et les réalités de la piste, condition sine qua non pour travailler sereinement à de glorieuses victoires.

C'est dans ces impressionnants et extrêmement dispendieux ensembles –visuellement dignes d'un simulateur de Boeing 787 accolé à une salle de contrôle de la NASA–, sur ces circuits reproduits au centimètre près, dans le moindre de leur cahots, virages et dénivelés, dans ces semi-monoplaces montés sur vérins que les pilotes s'entraînent, casque sur la tête malgré la virtualité de la chose, pour eux-mêmes comme pour leurs autos.

Parce que ces simulateurs offrent un réalisme extrême au plus infime des paramètres, c'est aussi là qu'ils s'assurent des bonnes performances a priori de nouveaux développements, ou préparent les réglages pour les courses à venir.

L'avenir s'y joue

Les simulateurs des écuries de Formule 1 constitueront donc le premier point de contact entre les pilotes de la grille et leurs prochaines montures –de Charles Leclerc pour Ferrari à George Russell pour Williams, ils annoncent déjà des monoplaces radicalement différentes à piloter.

La possibilité de mener des tests sur circuits étant strictement limitée par la réglementation, ces simulateurs constituent donc l'une des armes les plus cruciales des équipes pour préparer cette révolution technique qui rebattra sans doute les cartes de la discipline et de ses dominations.

À ce petit jeu, Ferrari a peut-être pris un, voire deux ou trois coups d'avance: l'icône italienne a dévoilé un tout nouveau simulateur «dernier cri», nouvellement installé dans ses vastes installations de Maranello. La chose a été conçue exclusivement pour elle, en partenariat avec la firme britannique Dynisma, dirigée par Ashley Warne, qui fut dans une vie passée ingénieur pour l'écurie au cheval cabré.

«La simulation et les technologies numériques vont jouer un rôle plus important que jamais dans le développement des monoplaces de Formule 1, et nous pensons avoir fait le meilleur choix, en nous concentrant sur la création d'un outil qui va nous permettre de faire un saut générationnel dans le secteur», explique dans un communiqué Gianmaria Fulgenzi, head of supply chain de l'écurie au cheval cabré.

Parmi les forces de ce nouvel engin mises en avant, une vision à 360 degrés, une latence extrêmement faible de 3 à 4 ms, qui nécessite une puissance de calcul colossale et une bande passante plus importante que chez la concurrence.

«Il a fallu deux ans pour compléter le projet et nous sommes dorénavant prêts à l'utiliser pour la 674, qui est le nom donné à la monoplace qui sera produite sur la base des nouveaux règlements techniques de 2022», poursuit Fulgenzi.

Les vacances estivales risquent donc d'être courtes pour Carlos Sainz et Charles Leclerc, paire de jeunes pilotes de l'écurie. Dès septembre et après quelques semaines de réglages et de calibrations, ils devraient pouvoir commencer à s'escrimer dans cette machine à plusieurs millions d'euros, qui pourrait déterminer en partie leur avenir glorieux ou décevant dans la discipline reine.

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