Nous ne passerons pas nos vacances au bord de la Salton Sea. | Eva Hambach / AFP
Nous ne passerons pas nos vacances au bord de la Salton Sea. | Eva Hambach / AFP

L'un des endroits les plus pollués au monde va-t-il être une mine de lithium?

Les États-Unis veulent faire de ce lac salé le centre de leur stratégie électrique.

À 250 kilomètres à l'est de Los Angeles, en Californie, se trouve la mer de Salton (Salton Sea). Autrefois surnommée «capitale mondiale de la pêche», ce lac salé fut un hotspot touristique, attirant nageurs, campeurs et amateurs de ski nautique.

Né d'une erreur humaine en 1905 (la rupture d'un barrage sur le fleuve Colorado), cet ancien petit paradis est devenu aujourd'hui l'un des lieux les plus pollués au monde.

Dans les années 1970, la prolifération des algues, combinée à l'évaporation, a commencé à tuer en masse les poissons, tandis que les eaux du lac se sont concentrées en métaux toxiques et en phosphates provenant du ruissellement agricole.

À présent, au fur et à mesure que le lac s'assèche, les poussières sont transportées par le vent et contaminent les habitants aux alentours. «Les enfants de la région ont les niveaux d'asthme les plus élevés de l'État», souligne le site Governing.com.

C'est pourtant au milieu de ce cauchemar écologique que General Motors compte ouvrir l'une des premières mines de lithium des États-Unis, relate Vice. Le 2 juillet dernier, le constructeur a passé un accord avec la société minière Controlled Thermal Resources (CTR) pour se fournir en lithium destiné à alimenter ses batteries électriques.

Car aujourd'hui, la production de ce métal alcalin est fortement concentrée dans quatre pays (Australie, Chili, Chine, Argentine), qui représentent à eux seuls plus de 90% de la production mondiale.

«Made in USA»

Pour sortir de cette dépendance, les constructeurs américains cherchent donc du lithium «Made in USA», dont la mer de Salton promettrait un énorme potentiel. «La mer de Salton pourrait répondre à 40% de la demande mondiale de lithium», assure Eduardo Garcia, un député californien auteur d'un projet de loi qui a créé une commission pour explorer les potentialités de cette industrie.

À terme, CTR affirme pouvoir produire 300.000 tonnes de lithium par an, soit davantage que la production actuelle de l'Australie. Les personnes qui supportent ce projet se fondent sur un argument massif: ce lithium serait en plus écolo! Difficile pourtant à croire lorsque l'on observe la désolation du paysage.

Mais CTR ambitionne ici d'exploiter le lithium via la valeur issue de la géothermie pour produire l'électricité et extraire le métal, qui se trouve dans la saumure brunâtre du sous-sol. Après extraction du lithium, la saumure est ensuite renvoyée dans le réservoir géothermique, en «boucle fermée».

Selon la société, le lithium extrait de sa mine générera à peine 4% des émissions de gaz à effet de serre par rapport au lithium produit dans les mines chinoises à ciel ouvert. Et tout cela avec une empreinte au sol minimale.

Les habitants de la région s'inquiètent pourtant des répercussions possibles de la mine. L'extraction de lithium consomme d'énormes quantités d'eau et produit beaucoup de déchets minéraux, qui sont ici concentrés en arsenic, sélénium et pesticides.

Mais l'énorme appétit pour ce métal alcalin va de toute façon pousser les constructeurs à trouver de nouvelles sources d'approvisionnement et, nationalisme aidant, mieux vaut qu'elles soient américaines, estiment les autorités. La mer de Salton a donc toutes les chances de connaître une troisième vie.

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