Un employé dans le laboratoire d'ASLM à Veldhoven, aux Pays-Bas, le 17 avril 2018. | Emmanuel Dunand / AFP
Un employé dans le laboratoire d'ASLM à Veldhoven, aux Pays-Bas, le 17 avril 2018. | Emmanuel Dunand / AFP

La meilleure arme technologique des États-Unis contre la Chine se trouve aux Pays-Bas

Donald Trump a placé un important bâton dans les roues des ambitions chinoises, que Joe Biden n'a pas l'intention de retirer.

C'est une information qui, à l'époque, est passée relativement inaperçue. C'est pourtant l'une des plus grandes victoires de Donald Trump dans la guerre économique que les États-Unis ont livré à la Chine lors de son mandat de président.

En janvier 2020, Reuters révélait que le 45e président et son gouvernement avaient mené une intense campagne de pression sur le gouvernement des Pays-Bas, afin que le pays interdise à ses entreprises d'exporter en Chine des machines à photolithographie EUV (extrême ultraviolet), qui servent à fabriquer des microprocesseurs dernier cri.

Pourquoi les Pays-Bas? Parce que les États-Unis ciblaient particulièrement ASML Holding, une entreprise située à Veldhoven, non loin de la frontière belge, qui est aujourd'hui la seule au monde à savoir fabriquer ce type de machines.

Ces engins incroyablement complexes pèsent 180 tonnes, coûtent 100 millions d'euros, sont assemblés en 18 mois et leur livraison nécessite quarante conteneurs, vingt camions et trois Boeing 747. Pour n'importe quelle nation ou entreprise, quelle que soit la taille de son portefeuille, arriver au niveau d'ASML serait une tâche titanesque, et prendrait des années.

Biden persiste et signe

Bien que Trump ne soit plus président, il semblerait que les États-Unis ne souhaitent pas renoncer à ce bâton placé dans les roues des ambitions industrielles chinoises. Au contraire: un rapport de la Commission de sécurité nationale sur l'intelligence artificielle du Congrès recommande d'étendre ce «contrôle des exportations», en lien avec les nations alliées des Américains.

En effet, le blocage des ventes ne concerne pour l'instant que les machines EUV, sorties en 2017 et uniquement nécessaires pour les puces de toute dernière génération. 15% du chiffre d'affaires d'ASML provient de la vente à la Chine de machines plus anciennes.

De son côté, rapporte le New York Times, ASML estime que cet élargissement de l'interdiction serait contre-productif. Selon l'entreprise, il la frapperait au portefeuille sans apporter de véritable avantage stratégique –la Chine dispose en effet déjà de ces technologies plus anciennes.

Si les États-Unis s'inquiètent à ce point des évolutions de l'industrie des puces électroniques, au-delà de la grave pénurie actuelle qui frappe le monde, c'est que TSMC, un important client d'ASML et entreprise leader dans la production de semi-conducteurs, se trouve à Taïwan. Une île très proche des côtes chinoises et ouvertement revendiquée par le gouvernement de Beijing.

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