Le plaisir ressenti à l'annonce d'une notification est comparable au frisson des parieurs. | Brian Tromp via Unsplash
Le plaisir ressenti à l'annonce d'une notification est comparable au frisson des parieurs. | Brian Tromp via Unsplash

Les notifications, ça rend con

Ce sont les neurosciences qui le disent.

C'est un fait: les smartphones détournent une partie assez importante de notre attention, quand ils ne la monopolisent pas purement et simplement. La science l'a prouvé: nos notifications nuisent à notre productivité et à notre concentration, et elles font de nous des individus de plus en plus distraits, que ce soit au travail ou dans le cadre des études.

Il y a non seulement les notifications –que l'on n'a de cesse de consulter, au cas où un message urgent ou une information exclusive viendrait d'arriver sur notre smartphone–, mais il y a aussi la simple attente des notifications et les coups d'œil répétés en direction de l'écran afin de s'assurer que rien ne soit arrivé lorsque l'on regardait ailleurs.

Comme au casino

En tout, estiment les scientifiques, nous consultons nos téléphones quatre-vingt-cinq fois par jour en moyenne, soit une fois tous les quarts d'heure. Quatre fois par heure, insiste le site Neuroscience News, nous délaissons une tâche ou une réflexion pour nous retrouver absorbés par notre écran de téléphone. Problème: plusieurs minutes peuvent être nécessaires avant que nous ne puissions retrouver notre pleine concentration.

Ces notifications qui nous perturbent et nous obsèdent font partie de ce que la science nomme des «interruptions exogènes», ces moments où notre activité est mise entre parenthèses à cause d'un facteur externe. Nous sommes désormais si conditionnés que le plaisir ressenti à l'annonce (sonore ou visuelle) d'une notification est comparable au frisson ressenti par les parieurs et les parieuses.

Le mode silencieux n'arrange rien. Au contraire, il peut donner envie de lorgner son écran encore plus régulièrement que la moyenne, dans le but de ne rien rater. Il est pourtant important de trouver des parades afin de ne pas rester focalisés en permanence sur l'arrivée éventuelle de nouveaux messages ou de nouvelles alertes. Notre cerveau en a besoin, lui qui commence à être sérieusement altéré par nos comportements d'accros.

Loin des yeux, loin du cerveau

Si la réduction du nombre de notifications (à paramétrer soi-même) ne suffit pas, il faut passer à la vitesse supérieure. La première astuce fournie par le site de neurosciences n'a l'air de rien, mais elle peut tout changer: lorsque vous souhaitez vous concentrer sur une tâche ou trouver rapidement le sommeil, placez votre smartphone dans une autre pièce –ou, en tout cas, pas à portée de votre regard ou de votre main.

Il convient aussi de travailler sur l'utilisation inconsciente du téléphone. Lorsqu'on en vient à le consulter par pur réflexe en le sortant de sa poche ou de son sac toutes les quinze minutes (voire beaucoup plus), alors il faut prendre le temps de s'arrêter et de se demander si le besoin de vérifier ses notifications est réel ou juste alimenté par un FOMO (cette Fear of missing out, ou «peur de rater quelque chose» en français) pavlovien.

Pour accroître ses capacités de concentration, la méthode Pomodoro, qui consiste à multiplier les micro-tâches plutôt que de consacrer une longue période à la même activité, est vivement conseillée. On peut en outre se récompenser à intervalles réguliers (mais pas trop rapprochés) avec quelques minutes de téléphone. Mais attention: il faut bien minuter ces pauses, sous peine de gaspiller une heure à scroller en pensant n'y avoir passé qu'une poignée de minutes.

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