La guerre de demain se détecte dès aujourd'hui. | Jakob Owens via Unsplash
La guerre de demain se détecte dès aujourd'hui. | Jakob Owens via Unsplash

Le Pentagone veut prédire les événements avant qu'ils ne se produisent

«Minority Report», c'est maintenant.

L'armée américaine a trouvé une nouvelle boule de cristal pour prédire les événements ou les mouvements stratégiques d'une armée plusieurs jours avant qu'il ne se produisent.

Depuis le mois de décembre 2020, le Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad) et le Commandement Nord des États-Unis (Northcom) mènent des expériences sur des algorithmes d'intelligence artificielle brassant des millions de données pour anticiper les actions des adversaires.

La série de tests s'appelle Global Information Dominance Experiments (GIDE) et intègre trois différentes plateformes nommées Cosmos, Lattice et Gaia.

Gaia fournit un aperçu de la situation en temps réel de n'importe quel lieu, à partir de données classifiées, d'images satellite, de communications, de rapports de renseignements, ainsi que d'autres données issues de multiples sources. Lattice propose des options de suivi et de réponses aux menaces tandis que Cosmos permet la synchronisation dans le cloud entre plusieurs commandes différentes.

Ensemble, ces outils de décision sont censés extrapoler ce que les adversaires feront à l'avance, permettant aux dirigeants militaires américains d'avoir une longueur d'avance, décrit le site IEEE Spectrum. L'idée est de déployer des actions de dissuasion et de précaution face à de futures menaces avant que les hostilités ne s'aggravent.

Futur antérieur

La technologie peut sembler futuriste, mais elle est en réalité assez basique. Si une IA constate une activité accrue sur le parking d'une base militaire, on peut par exemple en déduire que quelque chose se trame et recouper cette information avec des rapports de renseignement, suggère ScienceAlert.

«Les données existent, confirme le général Glen VanHerck. Ce que nous faisons, c'est rendre ces données disponibles et partagées dans un cloud où l'apprentissage automatique et l'intelligence artificielle vont les traiter.»

L'idée rappelle le programme de renseignement soviétique RYaN, conçu dans les années 1980 pour anticiper une attaque nucléaire jusqu'à six mois ou un an à l'avance à partir de multiples indicateurs (emplacement des ogives nucléaires, activité dans les ambassades américaines et soviétiques, approbation des visas de soldats...).

Un système qui paradoxalement aurait alimenté la paranoïa soviétique et presque conduit ses dirigeants à déclencher un conflit nucléaire, rappelle Slate.com.

Cela fait aussi étrangement penser au film War Games, sorti en 1983, dans lequel un jeune pirate informatique manque de provoquer une guerre nucléaire en lançant une simulation, croyant qu'il s'agit d'un jeu vidéo. En déclenchant des actions préventives, les États-Unis pourraient bien alimenter la guerre qu'ils cherchent à éviter.

En ce moment

Le patron de l'Agence spatiale européenne entre en guerre contre Elon Musk

Tech

Le patron de l'Agence spatiale européenne entre en guerre contre Elon Musk

L'Europe ne doit pas laisser le milliardaire faire de l'espace son Far West personnel.

L'engouement pour la fusion nucléaire va-t-il enfin payer?

Tech

L'engouement pour la fusion nucléaire va-t-il enfin payer?

Les capitaux affluent, mais la promesse pourrait être un peu trop belle.

Rafale: comment l'avion «invendable» engrange désormais les succès

Tech

Rafale: comment l'avion «invendable» engrange désormais les succès

Le fleuron de l'armée française a longtemps enchaîné les déboires à l'export.