Enterrement de Mohsen Fakhrizadeh à Téhéran le 30 novembre 2020. | Ministère iranien de la Défense / AFP

Enterrement de Mohsen Fakhrizadeh à Téhéran le 30 novembre 2020. | Ministère iranien de la Défense / AFP

Un scientifique iranien a été assassiné par un robot israélien d'un nouveau genre

Mohsen Fakhrizadeh a été abattu par un sniper israélien situé à des centaines de kilomètres.

Vendredi 27 novembre 2020. À l'encontre de toutes les consignes de sécurité, Mohsen Fakhrizadeh, un scientifique nucléaire iranien, conduit lui-même sa voiture non blindée pour rentrer à Téhéran avec sa femme, depuis leur résidence secondaire.

Alors que le scientifique et son convoi d'escorte passent un ralentisseur, des rafales de mitrailleuse transpercent son pare-brise, tuant leur cible. Mais, au moment des coups de feu, le commando organisateur de l'assassinat avait déjà quitté le pays.

Selon une enquête détaillée du New York Times, Fakhrizadeh a en fait été tué par une mitrailleuse FN MAG placée à l'arrière d'un pick-up, dissimulée avec du matériel de chantier et actionnée par un bras robotique contrôlé à distance via satellite par un sniper du Mossad, les services secrets israéliens.

Directement menacé par de potentiels missiles nucléaires iraniens, Israël est coutumier des missions de sabotage et d'assassinats visant à empêcher le développement des capacités atomiques de la république islamique.

Ces assassinats avaient pris fin lors des accords de Vienne sur le nucléaire iranien, mais, d'après le New York Times, la rupture de ces accords par Donald Trump et son hostilité envers l'Iran a permis à l'État hébreu de renouer avec ses anciennes tactiques.

Assassinat expérimental

Fakhrizadeh, une cheville ouvrière du programme nucléaire iranien, était une cible prioritaire. En 2020, la défaite annoncée de Donald Trump aux élections n'accordait qu'une courte fenêtre d'action au Mossad, qui, après des mois de surveillance du scientifique, a donc pris le risque de choisir une méthode d'action très expérimentale.

D'après le quotidien américain, le robot tueur ne consistait pas seulement en une mitrailleuse et un bras robot à monter à l'arrière d'un pick-up. Bien que l'arme soit reliée par satellite à un sniper situé à des centaines de kilomètres de là, le temps de latence de 1,6 seconde aurait pu compromettre l'opération. Le bras robot était donc équipé d'une intelligence artificielle chargée de gérer le recul et la latence.

Une autre voiture équipée d'une caméra placée plus tôt sur le trajet a servi à identifier le scientifique avant l'assaut, et le pick-up piégé était lui aussi équipé de caméras filmant dans toutes les directions afin de pouvoir analyser l'intégralité de la scène. En supplément, une bombe devait détruire toutes les preuves, une fois l'opération terminée.

En tout, l'équipement pour cette opération pesait pas moins d'une tonne. Les pièces nécessaires ont été introduites en Iran une par une, afin d'être assemblées sur place.

D'après les sources du New York Times, la détonation de la bombe placée dans le pick-up n'est pas parvenue à entièrement détruire le robot. Malgré ce petit accroc, cette opération est un aperçu inquiétant de la sophistication croissante des méthodes d'assassinats ciblés.

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