Des soldats français à Gao, au Mali. | Daphné Benoit / AFP
Des soldats français à Gao, au Mali. | Daphné Benoit / AFP

Comment un soldat français a sauvé un Boeing et ses 105 âmes au Mali

Il s'en est fallu de peu.

Dévoilée dès avril par Opex360 puis relatée fort à propos par Le Point le jour de la fête nationale française, l'histoire est forte. Le 27 mars 2021, un militaire français de l'opération Barkhane a possiblement sauvé la vie des 105 passagers d'un Boeing 737 de Sky Mali, une jeune compagnie locale, en grande difficulté lors de son approche de l'aéroport de Gao.

«J'avais fait l'astreinte de nuit entre 19h et 7h30, je n'avais pas dormi», raconte le militaire à l'hebdomadaire. Vers 11h, un camarade catastrophé vient le voir pour le prévenir qu'un désastre est en train de se fomenter aux abords de leur base.

Privé de son système de positionnement, un gros-porteur civil est pris dans une épaisse tempête de sable et, ne parvenant pas à apercevoir la piste, est dans l'incapacité de préparer une approche correcte et sûre.

La situation du 737 a été stabilisée grâce au «vieux» système SPARTIATE, radar d'approche de précision développé il y a une quarantaine d'année et qui, opéré par deux personnes, permet de positionner dans l'espace des aéronefs en perdition, avant de les guider pas à pas jusqu'au sol.

«Je vois la piste»

«Grâce au SPARTIATE, système polyvalent d'atterrissage de recueil de télécommunication et d'identification de l'altitude, le militaire d'astreinte à la tour de contrôle de la PfOD [Plateforme Opérationnelle Désert] de Gao a pu guider les pilotes jusqu'à ce qu'ils sortent d'un nuage de sable à environ 200 mètres du sol», écrivait alors l'état-major des armées dans son compte-rendu hebdomadaire des opérations au Sahel, repris par Opex360.

«L'avion a tenté un premier atterrissage tout seul, mais il a remis les gaz vers 900 mètres d'altitude car il ne voyait pas la piste», explique au Point l'adjudant-chef, dont l'intervention débutera après deux autres de ces essais infructueux. «C'est rare de voir une remise de gaz sur un avion de ligne, alors, après trois remises de gaz, l'atmosphère devait être tendue», poursuit-il.

«Je lui ai fait suivre un plan de descente sur mon scope: je l'ai d'abord amené à 750 mètres, puis à 150 mètres d'altitude, à environ 2 kilomètres de la piste. Là, il était passé sous le nuage de sable et il m'a dit “Je vois la piste”, il a pu continuer à se poser seul.»

Le militaire dit n'avoir fait qu'appliquer, sans véritable stress, les procédures pour lesquelles il a été dûment entraîné. Il précise néamoins qu'il n'avait jamais eu à prendre ainsi en charge un avion civil, sans même parler d'un aussi gros gros-porteur: il y a une première à tout, et celle-ci a peut-être sauvé de nombreuses vies.

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