Une constellation Starlink au-dessus de l’Uruguay, le 6 février 2021. | Mariana Suarez / AFP

Une constellation Starlink au-dessus de l’Uruguay, le 6 février 2021. | Mariana Suarez / AFP

Elon Musk et Starlink peuvent-ils fournir un internet libre dans les dictatures?

Le milliardaire annonce la fin du filtrage autoritaire. Mais rien n'est moins sûr.

Le contrôle d'internet est désormais l'un des outils répressifs de base des régimes autoritaires. Congo, Gabon, Népal, Cameroun ou, plus récemment, Myanmar: supprimer ou sévèrement diminuer l'accès au réseau est un excellent moyen d'étouffer des mouvements protestataires. La censure du web est aussi largement utilisée partout dans le monde.

On commence a en avoir l'habitude, Elon Musk pense avoir une solution à ce problème, comme à tous les autres. En effet, ses satellites de télécommunications Starlink doivent, par principe, permettre d'accéder à internet depuis le monde entier, directement depuis l'espace.

Seulement, les satellites Starlink ne peuvent pas simplement «envoyer» un accès à internet là où ils veulent afin de contourner censure et coupures: les utilisateurs doivent se trouver à moins de 800 kilomètres d'une station terrestre, appelée «gateways» et reliée à l'internet classique.

Or, comme on peut le voir sur cette carte, il n'existe pour l'instant aucun gateway, ni en Afrique, ni en Asie, ni au Moyen-Orient. Difficile d'imaginer les régimes autoritaires laisser SpaceX installer chez eux les infrastructures nécessaires à un internet qu'ils ne pourraient pas contrôler.

Solution laser

Selon Musk lui-même, ce problème est en passe d'être résolu. Sur Twitter, après qu'une consultante a demandé sur CNN que SpaceX «inonde l'Afghanistan avec Starlink pour que nous puissions rester en contact avec nos partenaires Afghan», le milliardaire a expliqué que ses prochains satellites n'auraient pas besoin de relais terrestre.

Les futurs engins Starlink seront en effet équipés de liaisons lasers, qui leur permettront de communiquer entre eux sans qu'un relai ne soit nécessaire. D'après Musk, la seule chose que les dictateurs pourront y faire serait d'«agiter leur poing vers le ciel».

Si cela est techniquement vrai, il reste encore certains obstacles. Premièrement, se trouver dans une zone couverte par Starlink et effectivement utiliser Starlink sont deux choses différentes. En France, le matériel nécéssaire à se connecter (parabole, modem et routeur) coûte 499 euros, puis 99 euros par mois d'abonnement. Difficile d'imaginer un Afghan ou un Nord-Coréen installer ça chez lui –ni en avoir le droit dans un régime autoritaire.

Deuxièmement, ce n'est pas parce que SpaceX peut faire quelque chose qu'elle a l'intention le faire. Comme le souligne Quartz, on imagine mal Elon Musk, offrir une manière de contourner la censure chinoise, pays où est construite et vendue une bonne partie des voitures Tesla. Les entreprises peuvent devenir très dociles lorsqu'il y a de l'argent à se faire.

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