Tesla se dédouane systématiquement des responsabilités en accusant les conducteurs. | Dylan Calluy via Unsplash
Tesla se dédouane systématiquement des responsabilités en accusant les conducteurs. | Dylan Calluy via Unsplash

L'Autopilot de Tesla est-il un ange gardien ou un meurtrier?

Le constructeur est sous le coup de plus d'une vingtaine d'enquêtes sur des accidents impliquant son système de conduite automatique.

Tesla, qui vient de diffuser une nouvelle version-test de son option de conduite pleinement autonome «full self-driving», est l'un des constructeurs automobiles les plus avancés dans le domaine de l'automatisation de la conduite. D'après l'entreprise, cela contribue à rendre les routes moins accidentogènes.

Pour Tesla, plus un véhicule s'occupe automatiquement de tâches qui incombent normalement au conducteur ou à la conductrice, plus le véhicule est sûr. Comme le résume Andrej Karpathy, le directeur de l'intelligence artificielle chez Tesla: «Les ordinateurs ne regardent pas Instagram au volant.»

C'est théoriquement vrai si les capteurs et les logiciels qui constituent le pilote automatique sont infaillibles. Contrairement à un ordinateur, aucun humain derrière un volant n'est capable de faire attention à tout, tout le temps, sans une seconde de baisse de vigilance.

Mais l'Autopilot, qui permet aux véhicules Tesla une conduite semi-autonome, est loin d'être infaillible. Comme le rappelle le New York Times, pas moins de deux douzaines d'enquêtes sont en ce moment ouvertes sur des incidents impliquant le système de Tesla devant la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l'agence fédérale chargée de la sécurité routière aux États-Unis.

Dans tous ces accidents, Tesla estime que la responsabilité incombe aux humains, puisque l'Autopilot nécessite en principe que le conducteur ou la conductrice garde les mains sur le volant et les yeux sur la route, afin de pouvoir immédiatement reprendre le contrôle du véhicule en cas de problème.

La tête ailleurs

En août 2019, sur une autoroute californienne, Benjamin Maldonado et son fils de 15 ans, Jovani, ont été percutés par une Tesla Model 3 sur pilote automatique. Le jeune passager, qui n'avait pas attaché sa ceinture, est mort après avoir été éjecté du véhicule.

Les données extraites de la voiture montrent qu'alors que l'Autopilot est censé détecter les obstacles et freiner automatiquement, le véhicule a continué de rouler à 112 km/h, avant de ne commencer à ralentir qu'une fraction de seconde avant l'impact. Selon les avocats de Tesla, le conducteur est entièrement responsable puisqu'il aurait dû freiner lui-même en voyant que sa voiture ne ralentissait pas.

Mais la question n'est peut-être pas la bonne. L'Autopilot ne pourrait-il pas être justement la raison pour laquelle les conducteurs relâchent leur attention ou, pour reprendre les mots d'Andrej Karpathy, «regardent Instagram»? La question se pose avec d'autant plus d'acuité que Tesla n'utilise pas de technologie s'assurant que les yeux du pilote sont bien dirigés vers la route, comme le font Ford ou General Motors.

Si la NHTSA ne compte pour l'instant pas prendre de mesure contre les pilotes automatiques, elle a annoncé en juin que les constructeurs automobiles devront désormais déclarer systématiquement les incidents dans lesquels un système de ce type était actif.

En France, la législation commence tout juste à s'adapter à ces autonomies futures: nul doute que ce qui se déroule déjà aux États-Unis sera scruté de près lorsqu'il s'agira de franchir les prochaines étapes.

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