Il peut faire chaud, vraiment très chaud sur le bitume. | Pawel Janiak via Unsplash
Il peut faire chaud, vraiment très chaud sur le bitume. | Pawel Janiak via Unsplash

Un «écran solaire» à bitume pour rafraîchir et dépolluer les villes

Les îlots de chaleur urbains sont de véritables enjeux de santé publique.

L'été, les villes se transforment rapidement en véritable four. Le bitume noir absorbe 80% à 95% du rayonnement solaire et emmagasine la chaleur, provoquant un effet réchauffant même la nuit.

À Paris, l'îlot de chaleur urbain produit des températures nocturnes environ 2,5°C supérieures à celles des zones rurales voisines, et la journée, la différence peut atteindre 10°C, selon une étude de l'Agence Parisienne du Climat.

Les enjeux sur la santé sont conséquents: selon une étude de Santé publique France, le risque de décéder à cause d'une chaleur exceptionnelle est 18% plus élevé dans les communes les moins arborées que dans les plus arborées.

La start-up américaine Pavement Technology a mis au point une sorte de «spray solaire» à asperger sur le bitume capable de disperser le rayonnement et de «revitaliser» les routes, selon l'entreprise.

Son concept s'appuie ni plus ni moins sur celui de la crème solaire classique, qui intègre du dioxyde de titane, un filtre UV couramment utilisé. Non seulement ce revêtement abaisse la température en ville, mais il permet aussi de lutter contre la pollution, puisque le dioxyde de titane est un photocatalyseur (il décompose les oxydes d'azote et les composés organiques volatiles sous l'effet des rayons UV).

Tartines routières

Selon une vidéo promotionnelle de l'entreprise, recouvrir un kilomètre de route avec ce revêtement revient à «planter 5 hectares d'arbres». Il permettrait aussi de renforcer la route et de boucher les fissures, précise Gizmodo. Deux quartiers de Charleston, en Caroline du Sud, se sont portés volontaires pour un test cet été.

Les initiatives pour rafraîchir la ville essaiment depuis plusieurs années. Au Japon, on se contente d'arroser les routes (une tradition de plusieurs siècles appelée «uchimizu»), ce qui n'est évidemment pas optimal en termes de consommation d'eau.

À Los Angeles, la technique est similaire à celle de Charleston: depuis 2018, la ville a entrepris de repeindre les rues et parkings en blanc. Doha, au Qatar, a quant à elle choisi la couleur bleue (moins éblouissante) avec un revêtement censé abaisser la température du bitume de 15°C à 20°C. Un bitume qui améliore aussi la sécurité des piétons en réfléchissant la lumière des lampadaires la nuit.

Mais ces mixtures coûtent pour l'instant relativement cher: 21.000 euros pour chaque kilomètre dans le cas du CoolSeal (utilisé à Los Angeles), pour une durée de vie limitée à 7 ans.

À Paris, on mise donc plutôt sur la végétalisation, avec notamment le projet «Lisière d'une tierce forêt», qui consiste à appliquer un revêtement minéral perméable enrobé de béton drainant sur lequel on peut planter des arbres.

C'est en réalité tout l'espace urbain qui doit être repensé, avec par exemple des rues où l'air circule plus facilement, la suppression de parkings au profit d'espaces végétalisés ou en privilégiant des revêtements poreux qui absorbent l'eau de pluie.

Une problématique à laquelle vont devoir s'attacher les municipalités dans les années à venir, avec d'un côté la multiplication des vagues de chaleur, et de l'autre les fortes pressions pour construire toujours plus de logements et de bureaux.

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