Utiliser sa clientèle comme crash-test géant est en tout cas une pratique innovante. | Bram Van Oost via Unsplash

Utiliser sa clientèle comme crash-test géant est en tout cas une pratique innovante. | Bram Van Oost via Unsplash

Chez Tesla, une bêta qui vous transforme en danger public

Le logiciel de conduite automatisée de la firme ne semble pas adapté à la ville.

Elon Musk, toujours très prolixe quant à ses ambitions, affirme que les voitures Tesla seront à court terme capables d'être entièrement autonomes. Pour l'instant, elles disposent d'un mode semi-autonome baptisé «Autopilot», qui permet d'accélérer, freiner, maintenir une trajectoire, trouver une place et se garer sans intervention humaine.

Tesla précise qu'«Autopilot [exige] une surveillance active de la part du conducteur et ne [rend] pas le véhicule autonome». Mais dans le même temps, l'entreprise souligne que toutes les Tesla récentes disposent de la technologie nécessaire pour devenir entièrement autonomes.

Elon Musk est d'ailleurs parfois critiqué pour ses déclarations ambitieuses et accusé d'exagérer les capacités de ses véhicules. En effet, un certain nombre de Tesla roulant dans ce mode de pilote automatique ont provoqué des accidents, dont au moins deux furent mortels.

Ces critiques ne font pas ralentir le milliardaire, qui a lancé au mois d'octobre une bêta de «conduite entièrement automatisée», ouverte aux volontaires membres du Early Access Program de Tesla. Il promettait toutefois sur Twitter qu'il restait «extrêmement lent et précautionneux, comme ce doit être le cas».

Le 6 mars 2021, cette bêta a été étendue avec sa version 8.2, provoquant l'ire du National Transportation Safety Board américain, qui réclame un encadrement plus étroit de ces tests sauvages. Pour cette mise à jour, Musk précise cette fois qu'il faut «rester vigilant mais qu'elle devient mature». Pourtant, des vidéos postées par le YouTuber AI Addict montrent une technologie loin d'être au point.

Simulateur de conduite en état d'ivresse

Dans deux vidéos d'une dizaine de minutes tournées à Oakland, en Californie, la Tesla autonome manque plusieurs fois de percuter des obstacles, zigzague en pleine rue, change de file alors qu'une voiture plus rapide arrive et prend même une route à contresens.

La «vigilance» est en effet de mise puisque cette conduite «entièrement automatisée» ressemble la moitié du temps à un simulateur de conduite en état d'ivresse. Le conducteur doit régulièrement récupérer le volant pour éviter l'accident.

AI Addict précise que, selon lui, la fonctionnalité est très bonne dans les zones rurales et les banlieues sans trop de trafic mais ne permet manifestement pas une utilisation dans une grande ville. Dommage pour des berlines, très populaires chez les cadres de la tech évoluant dans la très urbaine Silicon Valley.

Tesla semble au courant du problème, puisque Musk a affirmé sur Twitter avoir retiré la possibilité d'utiliser la bêta à des conducteurs «qui ne faisaient pas suffisamment attention à la route», et a précisé qu'aucun accident n'avait pour l'instant été enregistré.

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