Un beta test géant aux enjeux infinis. | Anne LEBRETON / AFP
Un beta test géant aux enjeux infinis. | Anne LEBRETON / AFP

«Full Self-Driving»: Tesla lance un test grandeur nature (et c'est peut-être une mauvaise idée)

N'est-il pas un peu tôt pour baisser l'attention?

La conduite automatisée ou autonome est l'un des Graals technologiques sur lesquels Tesla dispose d'une avance cruciale sur la concurrence.

Elle pourrait animer nombre de véhicules sur nos routes dans un avenir très proche: Elon Musk a annoncé la diffusion d'une version beta du «Full Self-Driving mode» de Tesla auprès d'une poignée de client·es, membres du Early Access Program de la firme.

En août, Musk promettait un «saut quantique» quant aux capacités de cette option à 8.000 dollars (6.500 euros), expliquant que le logiciel n'avait pas été simplement amélioré mais intégralement réécrit par ses équipes.

Expliquant utiliser lui-même la version alpha du mode FSD entre son domicile et le travail, il promettait notamment que les autos en disposant étaient capables de percevoir leur environnement en «quatre dimensions» et non en deux.

En clair, une dimension temporelle et quasi-divinatoire s'ajoute à l'algorithme, le rendant capable de prédire les changements de vitesse ou de direction des objets entourant le véhicule.

Il reste encore beaucoup de choses à apprendre sur ce que sera capable ou incapable de faire le «Full-Driving Mode» de Tesla, qui vient s'ajouter à un mode Autopilot déjà opérationnel mais qui ne promet nullement l'autonomie complète.

Prudence et précipitation

On note néanmoins que l'homme, assez peu connu pour sa tempérance, a cette fois fait preuve d'une modération plutôt rare dans son annonce. «Nous serons extrêmement lent et précautionneux, comme ce doit être le cas», a-t-il ainsi écrit.

Et pour cause. Tesla a tout intérêt à diffuser le plus vite et le plus largement possible ces nouvelles fonctionnalités. Avec un parc de plus de 900.000 véhicules sillonnant déjà les routes du monde entier, pouvoir les tester massivement auprès du public est un avantage technologique décisif pour la firme face à sa concurrence.

«Avoir quelque chose comme un million de voitures pouvant nous transmettre un retour, et spécifiquement un retour sur les situations inédites qu'une simulation ne peut pas prévoir, a une très grande valeur», expliquait Musk cet été.

Tesla doit néanmoins prendre garde à ne pas pousser son avantage trop vite, trop fort: nombre de spécialistes ont par le passé critiqué Tesla pour la manière dont elle survend l'automatisation de la conduite à sa clientèle, déjà acquise ou potentielle.

En faisant baisser la garde aux personnes derrière le volant –de nombreux exemples ont été rapportés–, c'est un désastre potentiel pour la sécurité routière.

En outre, la sécurité logicielle de tels systèmes semble loin d'être acquise. Des hackers ont ainsi récemment annoncé que des panneaux publicitaires, utilisés à mauvais escient, pouvaient tromper le système et provoquer l'arrêt net des véhicules.

La promesse est belle et le timing de la concurrence impose l'urgence. Mais ce beta test et cette chasse au bug géante pourraient, si les choses se déroulaient mal, s'avérer très coûteuses en termes d'images.

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