Le monolithe. | Xbox
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Xbox Series X: excellente au présent, meilleure à l'avenir

Puissante et silencieuse, c'est une machine du futur qui offre aujourd'hui un remarquable confort aux gamers.

Le saut d'une génération à l'autre a toujours été un moment crucial dans le jeu vidéo. C'est l'instant des promesses d'avenir, de révolution et de puissance, de plaisir et de réalisme, de mégahertz et de téraflops.

C'est celui où se dessine le futur, pour les gamers comme pour une industrie devenue mastodonte culturel, celui qui décide des cartons commerciaux (les PlayStation de Sony, la Switch de Nintendo) ou des flops historiques (la Wii U de Nintendo, aussi), voire du trépas de marques chéries (la Saturn et la Dreamcast de Sega).

Le lancement de nouvelles consoles est, surtout, ce qui fera le quotidien des gamers de salon, et ce pendant des années. Ce quotidien, en ce moment, se fait surtout à la maison: jamais le jeu vidéo, échappatoire idéale et lien social indispensable, ne s'est aussi bien porté que pendant la pandémie de Covid-19 et les enfermements qu'elle a provoqués.

Les enjeux sont donc majeurs pour Microsoft et Sony qui, chacun, lancent ces jours-ci leurs nouvelles machines, la Xbox Series X et sa petite sœur numérique Series S pour le premier, la PlayStation 5 pour le second.

Avant de pouvoir (bientôt) mettre la main sur la PlayStation 5, nous avons pu passer quelques jours avec la Series X, mise à disposition par Microsoft. Et si ces jours furent formidables, ils ne sont encore que l'aperçu d'un avenir sans doute beaucoup plus brillant.

Puissance et gloire

Monolithe noir plutôt élégant, beaucoup plus discrète que l'immense PS5, la Xbox Series X est, clame son constructeur, la console la plus puissante jamais conçue. Comprendre: nous en avons une plus grosse que notre concurrent japonais. Sur le papier, c'est vrai –du moins pour quiconque s'amuse à compter les téraflops plutôt que les centimètres.

La Series X est dotée d'une plus grande capacité de calcul que la PlayStation 5, une manière de choyer les exigences les plus basiques des gamers hardcore. Une manière aussi d'indiquer aux autres qu'ils en prennent pour quelques années –l'émergence du jeu en streaming pourrait signifier que cette génération de consoles sera la dernière, du moins telle qu'on les connaît.

Malgré cette puissance, la Series X frappe dès son premier allumage par ce qu'elle abandonne aux machines du passé: le bruit. Le silence de la Series X est presque absolu, totalement inhabituel pour une console moderne –la précédente génération, PS4 Pro en tête, nous avait habitué à rugir comme une escadrille d'Airbus A400M au décollage à chaque titre quelque peu exigeant.

C'est loin d'être un détail. Celles et ceux qui redoutaient d'utiliser leur console comme hub multimédia, de peur d'y perdre un tympan ou la raison, pourront faire de la Series X l'objet central et fétiche de leur entertainment quotidien, capable évidemment de prouesses ludiques, capable aussi de faire tourner à peu près toutes les applications de streaming du marché.

Assassin's Creed Valhalla, d'Ubisoft, l'un des premiers jeux véritablement optimisés pour la Series X: très impressionnant.

La vitesse de l'éclair

C'est d'autant plus vrai que la console offre, grâce à ce que Microsoft a nommé la «Velocity Architecture» et au «Quick Resume», un confort et une fluidité d'utilisation ébouriffantes.

C'est sans doute ce qui changera le plus les habitudes et la consommation des joueurs et joueuses: la faculté de sauter d'une application à une autre, d'un jeu à un autre, d'une série sur Netflix à un Assassin's Creed, d'une course sur Dirt 5 à un documentaire sur Arte en quelques secondes seulement, au gré des désirs changeants et des envies subites.

Cette expérience veloutée, sans heurt, sans poireautage fébrile à tapoter sur l'écran de son smartphone en brisant toute potentielle immersion, est avec son silence le second point le plus immédiatement marquant de la Series X –une caractéristique qu'elle partagera d'ailleurs en partie avec la PS5, dotée d'un stockage SSD plus véloce encore.

C'est aussi un point crucial pour la stratégie de Microsoft. Car toute puissante qu'elle soit, la Xbox Series X (et sans doute plus encore la Series S) n'est que la porte d'entrée vers l'écosystème que la marque est en train de bâtir, patiemment, et de manière assez admirable.

C'est d'autant plus vital pour Microsoft que les jeux conçus pour la puissance de la next-gen manquent quelque peu à l'appel au lancement de la console, et que PlayStation dispose d'une puissance de marque redoutable, doublée d'exclusivités appétissantes.

Certes, les nouveautés, Assassin's Creed Valhalla ou Watch Dogs: Legion côté Ubisoft, commencent déjà à montrer de quoi la console est capable, tout en restant limitées par le pont qu'elles doivent faire entre les deux générations.

Certes, les jeux optimisés pour la Series X ou S (Gears Tactics, Gears 5, Dirt 5, Forza Horizon 4) rutilent en tous sens et offrent une fluidité incroyable et des effets inédits –superbe en temps normal, Ori and the Will of Wisps touche au sublime avec des animations au naturel renversant.

Tour de pass-pass

Mais en attendant que le catalogue de jeux réellement nouveaux ou next-gen ne s'étoffe, ce qu'il ne manquera pas de faire notamment grâce au rachat de Zenimax (Bethesda ou ID Software), c'est du côté du Game Pass (et d'une rétrocompatibilité native avec les précédentes générations) que l'on trouvera joies et félicités.

Notez le pluriel: gagnant en puissance comme en abonné·es avec les mois, le Game Pass est l'atout maître de Xbox pour vendre des consoles, hier les Xbox One, aujourd'hui ou demain les Series X ou S.

Le catalogue de la plateforme, qui permet le téléchargement d'une centaine de jeux sur console comme sur PC contre un abonnement mensuel, ne cesse de s'enrichir –les titres Electronic Arts s'y ajouteront dès le 10 novembre, et ceux de la myriade de studios rachetés par Microsoft y trouveront un foyer dès leur sortie.

Le Game Pass propose à la fois des merveilles indépendantes (Dead Cells, les deux Ori, Celeste, Spiritfarer, Hollow Knight, What Remains of Edith Finch, Outer Wilds, etc.) et des très gros titres AAA (Doom, Batman: Arkham Knight, Destiny 2, les Gears sus-cités, Rainbow Six, Forza Horizon 4 et Forza Motorsport, Minecraft, The Outer Worlds, etc.), dans tous les styles, et pour toute la famille.

Grâce à la fluidité de l'expérience Series X ou S, on peut sauter de l'un à l'autre comme on le souhaite, papillonner d'une aventure à une autre, goûter et rester, ou tester et partir. Le futur n'est peut-être pas encore tout à fait là, mais le présent est riche et brillant.

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