L'agriculture n'a pas fini de se tourner vers le futur. | Randy Fath via Unsplash

L'agriculture n'a pas fini de se tourner vers le futur. | Randy Fath via Unsplash

Le tracteur autonome de John Deere, une révolution et un piège

Cette technologie prometteuse interroge: qui sera réellement propriétaire de ces outils?

Les tracteurs autonomes, qui labourent, plantent et récoltent les champs, sans personne au volant, sont-ils le futur de l'agriculture? Pour l'entreprise de machines agricoles John Deere, c'est une certitude.

La société, célèbre pour ses tracteurs verts reconnaissables entre mille, a annoncé, lors du Consumer Electronic Show à Las Vegas, la sortie de sa solution de tracteur entièrement autonome.

«C'est une transformation monumentale, estime Jahmy Hindman, le directeur de la technologie chez John Deere. C'est une transition tout aussi importante que celle du cheval au tracteur.»

Bardé de caméras et de censeurs, le 8R est un kit qui peut rendre les tracteurs préexistants autonomes. Les véhicules pourront ainsi se conduire seuls, éviter les obstacles, et même être contrôlés à distance grâce à un smartphone.

Pour autant, ne vous attendez pas à voir le John Deere 8R sillonner les campagnes de sitôt. L'entreprise n'a pas encore annoncé de prix et réfléchit à un modèle économique d'abonnement, plutôt que de vente directe. Le tracteur John Deere le plus cher coûte aujourd'hui 800.000 dollars (plus de 708.000 euros).

Espoirs et réticences

Agriculteur est un métier dangereux. Une technologie permettant d'éloigner les humains de la machinerie lourde permettrait d'éviter de nombreux accidents, en plus de réduire la charge de travail. Pourtant, les tracteurs autonomes ne font pas l'unanimité.

John Deere est l'un des principaux opposants au droit à la réparation. Alors que l'Union européenne et les États-Unis tentent de protéger le droit de réparer soi-même ses biens mécaniques et électroniques, l'entreprise pèse de tout son poids pour lutter contre ces mesures et forcer sa clientèle à passer par des réparateurs agréés.

Le combat pour le droit à la réparation à été complexifié par l'arrivée de technologies numériques complexes dans les objets du quotidien. L'inclusion d'une intelligence artificielle disponible uniquement via un abonnement pourrait brouiller encore un peu plus la question de savoir si les agriculteurs possèdent vraiment leurs outils.

Ce flou s'applique aussi aux données récoltées. Comme les Tesla et autres voitures autonomes, le pilote automatique de John Deere utilise un réseau neuronal artificiel, c'est-à-dire un logiciel qui apprend continuellement de ses expériences, et récolte donc pour cela des montagnes de données.

D'après Christopher Kitts, un chercheur en robotique, ces données pourraient être très précieuses et John Deere pourrait vouloir les revendre ensuite à ceux qui ont pourtant rendu leur production possible.

«Je suis pour l'innovation, et je pense que John Deere est une excellente entreprise, mais ils essayent de devenir le Facebook de l'agriculture», résume à Wired, Kevin Kenney, un militant du droit à la réparation.

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