Un gros bidule. | OceanSky Cruises via YouTube
Un gros bidule. | OceanSky Cruises via YouTube

OceanSky fait le pari (casse-gueule) des croisières en dirigeables ultra-luxueux

Un petit tour au pôle Nord à 200.000 dollars, avant qu'il ne disparaisse?

C'est un pari à coups de millions de dollars que fait la jeune pousse suédoise OceanSky Cruises: relancer les croisières aériennes en dirigeables, près d'un siècle après la catastrophe du LZ-129 Hindeburg, dont les images apocalyptiques ont durablement marqué les esprits.

Comme le raconte Bloomberg dans un article donnant très envie de faire ses valises dans la minute, l'entreprise a déjà un premier plan d'itinéraire, qu'elle espère voir naître en 2024.

Dans le luxe hors normes d'une cabine large comme deux carcasses de 737 Max, seixe passagers et huit membres d'équipage s'envoleraient avec majesté depuis Longyearbyen, capitale de l'archipel du Svalbard.

À une altitude d'environ 1.000 pieds, soit suffisamment bas pour observer la faune et la flore de la Norvège septentrionale, ils flotteraient lentement dans les airs pendant une quinzaine d'heure, jusqu'à atteindre le pôle Nord.

Là, congelés mais choyés et heureux, les très riches passagers de la compagnie passeraient six heures à randonner, à se prélasser et à observer le lieu unique, avant de repartir vers leur point de départ, au même rythme tranquille.

Ce n'est ici que le premier des plans d'OceanSky. La firme planche également sur un voyage beaucoup plus long de six jours en Afrique australe, qui amènerait passagers et passagères de Windhoek, en Namibie, à Livingstone, en Zambie, en les faisant passer par le delta de l'Okavango et le Botswana, les chutes Victoria à la frontière zimbabwéenne, ou encore la Skeleton Coast, en Namibie à nouveau.

Luxe absolu

Enfin, tout cela, c'est «si les négociations aboutissent», écrit fort justement Bloomberg, avec une pointe d'humour piquant. Car pour emporter ces passagers fortunés dans de très luxueux dirigeables, encore faut-il qu'OceanSky dispose de très luxueux dirigeables: c'est en discussion, mais rien ne semble encore tout à fait certain, malgré les horizons proches des premiers voyages proposés.

Cofondateur d'OceanSky avec trois autres larrons, Carl-Oscar Lawaczeck explique être en pourparlers avec l'entreprise britannique Hybrid Air Vehicles pour adapter à ces voyages de luxe son Airlander 10, gargantuesque dirigeable aux formes très rebondies dont nous avons déjà parlé par ici.

Le Airlander 10 est un appareil plutôt très demandé. Il a été commandé par l'armée des États-Unis pour des missions de surveillance, ainsi que par la compagnie aérienne Air Nostrum, partenaire d'Iberia en Espagne, qui espère y faire transiter une centaine de passagers dès 2026.

Avec une longueur de 98 mètres (un terrain de football moyen, donc), une largeur de 43,5 mètres, une hauteur de 26 mètres et une charge utile de 10 tonnes, le Airlander 10 est actuellement (et selon certains critères) le plus gros objet volant au monde.

Il sera lent, c'est une qualité, capable de décoller et d'atterrir verticalement, ce qui maximise les possibilités de voyages, et il sera sûr, le gaz inflammable des temps anciens étant désormais remplacé par de l'hélium.

La version qu'envisage OceanSky disposerait bien sûr de sièges plus confortables que le plus confortable de vos fauteuils, de cabines doubles, d'un bar, d'un restaurant et, surtout, partout autour de sa vaste cabine, de grandes baies vitrées permettant l'observation continue des espaces survolés et de ce qui y pousse ou y vit.

Une balade vous intéresse? Il vous faudra y mettre le prix. Mais si vous faites partie des premiers acheteurs, vous deviendrez actionnaire de l'entreprise. OceanSky a ainsi débuté les ventes des premiers billets: nommés «Pioneer», coûtant un peu plus de 200.000 euros pièce pour les moins chers et six fois plus si vous vous payez la totale, ils ne sont pas remboursables mais vous permettent de mettre la main sur une part de la compagnie.

«Au final, nous pensons que vous ferez un solide profit», promet Carl-Oscar Lawaczeck, qui espère que cette petite aventure ne sera que le début d'une plus grande qui replacera les dirigeables, promis moins désastreux pour l'environnement que les aéronefs classiques, en bonne position sur le marché du transport aérien.

Mais des observateurs interrogés par Bloomberg sont, eux, beaucoup plus circonspects. Certains doutent de la faisabilité économique d'une telle aventure. D'autres notent que des prototypes précédents du Airlander 10 se sont déjà crashés trois fois, et qu'il faudra attendre 2026 pour qu'un prochain modèle ne sorte des usines d'Hybrid Air Vehicles.

OceanSky est donc également en contact, sinon en négociations, avec d'autres acteurs du marché renaissant des dirigeables, dont le français Flying Whales ou Lighter than Air Research, créée par l'un des cofondateurs de Google, Sergey Brin.

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