Ho! Hisse! | Airseas
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Airseas va tester son kite géant sur un cargo affrété par Airbus

La Seawing, ou le retour de la navigation à voile, version 2022.

Rouage indispensable (mais grippé) de la logistique industrielle mondialisée, le transport maritime est un contributeur important aux émissions de gaz à effet de serre, donc au changement climatique.

Selon les données fournies par la Commission européenne, les milliers de cargos qui sillonnent toute l'année les sept mers émettent 940 millions de tonnes de CO2 et représentent 2,5% des émissions totales.

D'où l'idée d'exploiter le plus ancien allié des marins dans l'art nautique: le vent. De nombreuses entreprises cherchent ainsi à concevoir des cargos mus en partie ou totalement par des voiles géantes, afin de réduire leur empreinte environnementale.

Basée à Nantes, l'entreprise Airseas parie, elle, sur une solution un peu différente: des sortes de kites géants et semi-automatisés, qu'elle nomme «Seawing» (que l'on pourrait traduire par «ailes marines»), installés sur les navires et capables, en exploitant la brise, de leur faire économiser du carburant lors de leurs traversées.

La firme a installé sa première Seawing sur un cargo baptisé «Ville de Bordeaux». Affrété par Airbus à laquelle Airseas est étroitement affiliée, le navire de 154 mètres sert à transporter des tronçons d'A320 vers les États-Unis, porté en partie par ce cerf-volant géant et high-tech.

Souquez les artimuses!

Grande de 500 mètres carrés, soit la moitié de ce qu'Airseas envisage dans le futur, cette Seawing est montée et stockée à l'avant du navire. Une fois ce dernier sorti du port, une structure spéciale de 34 mètres de haut la hisse dans les cieux où, câblée à 200 mètres au-dessus de la surface, elle peut aller chercher le vent.

Un système informatique, connecté à celui du Ville de Bordeaux, l'aide à s'orienter de manière optimale pour augmenter sa portance. Dans sa version finale de 1.000 mètres carrés, la Seawing d'Airseas pourrait permettre aux cargos qui l'utilisent d'économiser jusqu'à 40% de carburant et de réduire de 20% leurs émissions de CO2.

Depuis le port de Saint-Nazaire, le Ville de Bordeaux va tester sa Seawing pendant une durée de six mois, à partir de janvier prochain. «Il y a une décennie, nous avons embarqué dans l'ambitieux projet de canaliser notre expertise dans l'aéronautique pour créer un transport maritime plus propre et durable», explique dans un communiqué officiel le patron et cofondateur d'Airseas, Vincent Bernatets, par ailleurs ancien ingénieur pour Airbus.

«Aujourd'hui, je suis plus que fier de voir cette vision devenir réalité, avec notre première Seawing prête à faire une différence tangible pour notre planète.» Comme le note New Atlas, qui cite l'entreprise allemande SkySails Group, Airseas n'est pas la seule firme planchant sur cette solution de kite géant.

Leurs succès respectifs, et la relative facilité avec laquelle leurs systèmes peuvent être implémentés sur des navires déjà sur les océans, pourraient effectivement faire une précieuse différence.

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Un autre point chaud. Très chaud.