Un train traverse l'Outback de la région de Pilbara (Australie), afin de récupérer du minerai de fer, le 22 juin 2001. | AFP

Un train traverse l'Outback de la région de Pilbara (Australie), afin de récupérer du minerai de fer, le 22 juin 2001. | AFP

Une compagnie minière veut créer le premier «train infini» à énergie perpétuelle

Le mouvement perpétuel (avec une astuce).

Fortescue est une compagnie minière australienne et déjà l'une des plus grandes entreprises d'extraction de fer du monde. Elle veut désormais aussi être la première à créer un véhicule électrique à énergie infinie: un train qui, une fois propulsé par une charge de départ, pourrait continuer à fonctionner sans fin en produisant sa propre énergie.

Cela est théoriquement infaisable: les lois de la thermodynamique ne rendent pas possible le mouvement perpétuel. Un véhicule ne peut pas produire suffisamment d'énergie en roulant pour compenser celle qu'il a dépensée pour se mouvoir.

Pourtant, d'ici à 2030, les 54 locomotives diesel de Fortescue, qui transportent 244 wagons pleins de minerai, devraient bien être remplacées par des Infinity Trains au rendement énergétique positif.

L'astuce pour réaliser cet acte impossible est d'utiliser à son avantage la géographie et la différence entre le poids à l'aller et celui au retour. Fortescue récupère son minerai de fer dans les montagnes de la région de Pilbara, puis l'emmène à Port Hedland, un ville côtière en contrebas. Cela veut dire que les trains montent une côte lorsqu'ils sont vides, puis la descendent une fois chargés de tonnes de marchandises.

Moteur à gravité

L'objectif est donc que les trains génèrent suffisamment d'énergie lors de la descente pour pouvoir remonter lorsqu'ils sont beaucoup plus légers.

Pour cela, l'Infinity Train utilisera l'énergie produite par son freinage. Les locomotives électriques modernes n'utilisent plus uniquement des freins à friction, mais une technique appelée «freinage régénératif», qui inverse le sens du couple moteur électrique, ce qui permet de produire de l'énergie.

Habituellement, cette électricité est renvoyée dans les caténaires situés au-dessus du train, afin d'être utilisée ailleurs sur la ligne. Dans les trains australiens, des batteries pourront stocker cette électricité afin de la réutiliser.

Si l'angle de descente est suffisant, le poids des trains devrait les pousser avec force, permettant au freinage régénératif de fonctionner à plein régime. Ce n'est donc évidemment pas une vraie source d'énergie infinie, mais un ingénieux générateur alimenté par la gravité. Si tout se passe bien, il produira suffisamment d'énergie pour que le train puisse ensuite remonter à vide sans avoir été rechargé.

Néanmoins, si la solution permettrait, d'après la chaîne américaine NBC, de se passer de 90 millions de litres de carburant chaque année, elle ne serait qu'une goutte dans l'océan des dommages environnementaux de l'industrie minière, immensément polluante.

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