A priori, et c'est à espérer, l'engin de la start-up ne sera pas en papier. | Venus Aerospace
A priori, et c'est à espérer, l'engin de la start-up ne sera pas en papier. | Venus Aerospace

De L.A. à Tokyo en une heure: la folle promesse de Venus Aerospace

La start-up planche sur l'avion-fusée qui rendra possible le voyage spatial hypersonique.

L'esprit pourtant fertile de Jules Verne n'aurait sans doute pas osé l'imaginer dans ses rêves les plus agités: voyager d'un point du globe à un autre en quelques dizaines de minutes seulement pourrait, un jour pas si lointain, devenir une réalité quotidienne.

Nous n'y sommes bien sûr pas encore tout à fait mais, comme d'autres avec elle, la start-up américaine Venus Aerospace est sortie des fantasmes les plus fous de l'ingénierie pour plancher, de manière très concrète, sur cette possible révolution du transport humain.

Fondée par deux anciens de Virgin Galactic et employant une quinzaine de personnes, la jeune firme ne table pas sur une renaissance du supersonique atmosphérique mais vise plus haut, beaucoup plus haut. C'est ainsi le principe du voyage spatial hypersonique qu'elle souhaite exploiter pour emmener un humain de Los Angeles à Tokyo en une heure environ.

Comme le relate Bloomberg, Venus Aerospace travaille ainsi sur un aéronef mi-avion mi-fusée, capable de grimper si haut qu'il pourra s'extraire des lourdeurs de l'atmosphère, allumer ses boosters pour atteindre une vitesse de 14.500 km/h (12 fois la vitesse du son), procéder ensuite à une réentrée dans les airs de la Terre, ralentir à une vitesse plus tolérable puis se poser, comme une fleur sans doute un peu chaude, à destination.

À la tête de Venus Aerospace, le couple Duggleby semble conscient de la folie de son entreprise, que quelques fonds de capital-risque ont néanmoins décidé de financer. «Les humains tentent le coup régulièrement, mais cette fois, ça va marcher», explique ainsi Andrew Duggleby à Bloomberg, sûr de son fait.

Le tour du monde en 60 minutes

L'une des raisons de cet optimisme réside dans le réacteur sur lequel la start-up planche. Celui-ci, est-il expliqué, est suffisamment efficace sur le plan énergétique pour perdre l'embonpoint dont souffrent généralement ses concurrents.

C'est cette appréciable perte de poids qui permettra à l'aéronef d'être équipé, en parallèle, des réacteurs normaux lui permettant d'atteindre les hautes altitudes, d'une paire d'ailes et d'un train d'atterrissage. Bref, de tous les attributs faisant la différence entre un missile balistique qui s'écrase et un avion qui se pose.

Il reste quelques pas si menus détails à régler avant que la promesse ne soit tout à fait réalisable. Si le réacteur semble bien avancé, Venus Aerospace cherche encore un design pour son engin, et devrait tester –en modèles réduits– plusieurs formules dans les mois qui viennent.

Mais si elle réussit sur le plan technologique, l'entreprise devra surtout se trouver un business model viable. Un tel voyage ne s'adressera sans doute pas au commun des quidams: il faudra être en forme pour supporter l'accélération phénoménale de l'avion-fusée, et suffisamment riche pour se payer ce petit transit par l'espace.

Or, payer très, très cher pour voyager très, très vite n'a rien d'une évidence, même pour les personnes les plus fortunées: le Concorde d'Air France ou de British Airways peuvent en témoigner.

Enfin, Venus Aerospace ne sera pas seule sur ce créneau hyper-spécialisé. Quelles qu'en soient les modalités techniques, la course à l'espace concerne désormais des dizaines de firmes. Et certaines, comme SpaceX, qui souhaite utiliser ses fusées Starship pour transporter des humains d'un point à l'autre du globe en quelques minutes, disposent déjà d'une belle avance.

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