Dans l'espace, personne ne vous entendra fuir. | Norbert Kowalczyk via Unsplash
Dans l'espace, personne ne vous entendra fuir. | Norbert Kowalczyk via Unsplash

La NASA va peut-être pouvoir reboucher le trou de la Station spatiale internationale

Mais le faire semble plus risqué que ne pas s'en occuper.

C'est l'histoire d'un petit trou de rien du tout, qui embête pourtant fortement la NASA. Car ce défaut ne se trouve pas dans les bâtiments de l'agence américaine sur Terre, mais quelque part dans la précieuse Station spatiale internationale (ISS).

Comme nous le relations début septembre, cette fuite dérange depuis quelque temps déjà. Elle a été découverte en 2019 mais, ne présentant alors aucun caractère d'urgence vitale ou technique, elle n'a pas tout de suite été l'objet d'une grande attention de la part de la NASA.

Tandis que le débit de l'air s'échappant de la station augmentait, l'agence a décidé qu'il était temps de sortir les loupes et de préparer le mastic: à 400 kilomètres environ au-dessus du plancher des vaches, l'oxygène est une denrée trop précieuse pour être ainsi offerte au vide intersidéral.

Comme le rapporte Business Insider, les trois astronautes à bord de la station, l'Américain Chris Cassidy et les Russes Anatoli Ivanichine et Ivan Vagner, ont été sommés de passer l'engin au peigne fin, section par section.

Le suspect est russe

Si l'emplacement de la fuite n'a pas encore été déterminé avec précision, il ne reste désormais que deux endroits qui n'ont pas été testés. Par déduction, et si elle n'évacue pas totalement la possibilité que les recherches précédentes soient passées à côté de l'aguille dans la botte de foin, la NASA pointe du doigt l'un des deux modules russes arrimés à la station –ce qui ne manquera sans doute pas de faire grommeler Dmitri Rogozine, le très irritable patron de Roscosmos.

«L'équipage vivant et travaillant dans ces modules, il a été impossible de créer les conditions atmosphériques nécessaires pour un tel test», a expliqué un porte-parole de la NASA à Business Insider. L'agence américaine cherche désormais, en collaboration avec Roscosmos, une opportunité pour mener les recherches adéquates.

Cela n'a rien d'évident et pourrait même constituer pour les astronautes un risque plus grand que celui de vivre dans une station fuyante. Car pour tester ces deux modules, il est nécessaire de les sceller hermétiquement et d'en retirer toute chose vivante.

Problème: cela coupe les occupants de la station de leur accès au module Soyouz, qui est pour eux d'une importance vitale. Il constitue en effet le seul véhicule capable de les emporter loin de l'aéronef en cas d'urgence.

Or, celles-ci ne sont pas aussi rares qu'il n'y paraît. Le 22 septembre, la NASA a ainsi dû procéder à une manœuvre d'évitement pour sortir l'ISS de la trajectoire d'un débris spatial qui aurait pu causer d'importants dégâts. Chris Cassidy, Anatoli Ivanichine et Ivan Vagner avaient alors été placés dans le module Soyouz, au cas où les choses tourneraient mal.

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