Le modèle Wikipédia, imparfait mais fonctionnel, pourrait changer la nature du débat sur Twitter. | Brett Jordan via Unsplash
Le modèle Wikipédia, imparfait mais fonctionnel, pourrait changer la nature du débat sur Twitter. | Brett Jordan via Unsplash

Avec «Birdwatch», vous ferez bientôt vous-même la police sur Twitter

La plateforme travaille sur un outil de modération collective. De quoi pacifier la discussion?

Les détails concernant «Birdwatch», une fonctionnalité sur laquelle planche Twitter pour contrer les phénomènes de désinformation virale, sont encore imprécis. Ses contours sont néanmoins suffisamment dessinés pour en comprendre le principe, détaillé par The Verge ou Techcrunch.

Alors qu'elle est devenue, comme Facebook, une arme de désinformation massive pour des groupes et individus aux desseins divers, Twitter semble ne plus vouloir uniquement compter sur les modérateurs et modératrices qu'elle rémunère pour vérifier les contenus problématiques.

À l'instar de Wikipédia, modèle certes très imparfait mais pas le moins fonctionnel, elle souhaite avec Birdwatch mettre l'ensemble de ses utilisateurs et utilisatrices à contribution.

Quelques bribes d'informations sur la chose ont commencé à émerger cet été lorsqu'une informaticienne, Jane Manchun Wong, en a fait apparaître les premières formes en fouinant dans le code de la plateforme.

Garde partagée

Si Birdwatch est implémentée, ce qui n'a pas encore été confirmé et ne semble pas pouvoir être le cas avant l'élection américaine, il sera possible d'ajouter un tweet considéré comme problématique à une «liste de surveillance», la fameuse «Birdwatch», et de lui attacher une «note». Celle-ci sera consultable par tous et toutes et visera à ajouter du contexte à la publication.

Le tweet visé serait affublé d'une petite icône, montrant qu'il a été marqué comme à modérer par la communauté et donnant accès aux notes lui étant attachées. Une entrée «Birdwatch Notes» serait ajoutée au menu de l'application, permettant de conserver une trace de ses contributions.

Le 3 octobre, Jane Manchun Wong donnait quelques détails supplémentaires sur Birdwatch. Elle publiait des captures d'écran dévoilant les options de sondage qui permettraient à la «Communauté Twitter» de donner son avis sur la véracité ou la qualité désinformative des tweets mis en cause.

Nul ne sait quand ni comment Birdwatch pourrait être implémentée à la plateforme de micro-blogging. Mais en complétant sa modération privée –débordée, inefficace et par nature critiquable– par un contrôle des contenus «crowdsourcé», Twitter procéderait à un changement de paradigme d'importance.

Dotée des armes pour combattre et étouffer elle-même les vagues de désinformation, la majorité silencieuse pourrait, si l'on est optimiste, assainir la discussion en prenant le dessus sur la bruyante minorité des manipulateurs et manipulatrices d'opinion. De manière plus pessimiste, on peut en revanche entrevoir le pugilat polarisant qu'est la discussion sur la plateforme se transformer en guerre sale, totale et plus stérile encore.

Mais pour Twitter, l'enjeu est existentiel: le coût de la modération pèse sur des résultats financiers qu'elle peine encore à maintenir à flot. Ceux-ci dépendent grandement de la croissance de sa base d'utilisateurs et utilisatrices: une plateforme un peu plus apaisé serait sans doute un argument de poids pour les attirer.

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