Des soldats ukrainiens dans une tranchée de la région de Donetsk. | Anatolii Stepanov / AFP
Des soldats ukrainiens dans une tranchée de la région de Donetsk. | Anatolii Stepanov / AFP

En Ukraine, des réservistes russes doivent mener des assauts armés de pelles

Les balles manquent et les corps-à-corps se multiplient.

Il y a quelques jours, l'un des chefs de la garde nationale ukrainienne décrivait pour NV Radio la situation à Bakhmout, où les troupes de Kiev plient et se replient mais ne rompent pas tout à fait, pas encore déterminées à quitter la «forteresse».

Confirmant les rapports précédents, notamment sur les méthodes d'un autre âge employées par les armées du Groupe Wagner, Volodymyr Nazarenko expliquait ainsi que les assauts avaient lieu jour et nuit, sans pause et, surtout, sans considération pour la vie humaine du côté russe.

Nazarenko disait en outre quelque chose d'intéressant qui, sous l'image, recouvre une dure réalité frappant le camp russe comme le camp ukrainien. «Il y a plus de Russes que nous ne disposons de munitions pour les détruire», se lamentait l'Ukrainien, réclamant un envoi rapide et massif d'obus d'artillerie mais aussi et peut-être surtout de balles pour fusils et mitraillettes.

On ne s'étonne alors pas de ce que raconte le ministère britannique de la Défense dans son dernier point de situation, publié le 5 mars. Selon l'institution de sa Majesté, il aurait été demandé à des conscrits russes de monter à l'assaut armés de simples fusils légers, pour les plus chanceux, et de pelles pour les autres.

La pelle de la forêt

De fusils légers et de pelles? Vous avez bien lu, et il n'y a pas d'erreur de traduction: il est question ici de gradés envoyant de simples soldats, des réservistes pour la plupart, se jeter l'outil à la main malgré le désespoir de la manœuvre sur des positions ukrainiennes souvent largement fortifiées.

La pelle en question est sans doute le modèle nommé MPL-50, en service dans les armées russes puis soviétiques puis russes depuis 1870 environ. Utilisée pour tout, de la cuisson de la popote aux creusages de tranchées, familière aux joueurs de jeux vidéo, elle est devenue l'un des accessoires les plus mythiques du soldat russe.

C'est notamment le cas parce que les Spetsnaz, l'une des plus élitistes des troupes d'élites de Moscou, ont souvent fait de son tranchant l'arme de sanglants et «glorieux» corps-à-corps.

«La létalité du modèle standard de la MPL-50 est particulièrement mythifiée en Russie. Peu de choses ont changé depuis son design en 1869, son utilisation continue en tant qu'arme souligne la brutalité low-tech des combats qui ont caractérisé beaucoup de cette guerre», est-il ainsi expliqué par le ministère de la Défense britannique.

Rien de glorieux ici dans ces assauts à la pelle, donc. Bien au contraire: le MoD, dans le même rapport, indique que certains réservistes se sont déclarés «pas prêts physiquement comme psychologiquement» à de telles extrémités.

Comme le montre la très impressionnante vidéo visible ci-dessous, ces affrontements au corps-à-corps semblent se multiplier sur des fronts où les généraux russes continuent de faire déferler des vagues d'hommes aux vies sans valeur, simplement destinés à user l'opposition ukrainienne –et à lui faire utiliser un maximum de munitions.

Certains soldats russes, comme l'ont révélé plusieurs vidéos publiées ces dernières semaines, ont tenté de faire à la pitié de leurs chefs pour éviter cette boucherie. L'un de ces régiments ayant directement fait appel à Vladimir Poutine a depuis été presque entièrement décimé dans les environs de Donetsk.

Cette histoire d'assauts à la pelle met de nouveau en avant ce qui est l'enjeu des derniers mois, mais sera aussi celui des prochains, et sans doute de manière plus cruciale encore.

Des deux côtés, les munitions manquent, qu'il s'agisse d'obus pour l'artillerie ou de balles pour les armes d'assaut –les récentes bisbilles entre le Groupe Wagner et l'armée régulière russe ont mis le phénomène en pleine lumière.

Comme l'a récemment affirmé Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, l'armée qui pourra compter sur la chaîne d'approvisionnement la plus solide et régulière pourrait être celle qui finira par l'emporter: la guerre en Ukraine se double désormais d'une guerre industrielle mondiale.

Comme elle l'avait fait pour accélérer le développement puis le déploiement du vaccin contre le Covid, et afin d'appuyer les efforts américains soutenus et continus en la matière, l'Union s'est donc mise en branle pour accélérer sa production et sa fourniture globale desdites munitions à l'Ukraine et agir à la place ou aux côtés de ses membres.

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