Plus loin, plus vite, plus fort. | John Hamilton via Dvids
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Les ATACMS, ces missiles qui pourraient tout changer à la guerre en Ukraine

D'une portée de 300 kilomètres, ces projectiles pour Himars seraient une très mauvaise nouvelle pour les Russes.

Lentement, peut-être sûrement, et malgré la force brute des armées russes, l'Ukraine semble stabiliser les fronts et reprendre un peu d'oxygène.

Signe des temps qui changent, elle a même entamé, dans le sud du pays, autour de Kherson, une contre-offensive sur laquelle les détails sont rares mais qui, malgré son coût humain important, semble pour l'instant lui permettre de regagner un peu de son terrain.

L'un des facteurs ayant permis ce (relatif) renversement du rapport de force a été la livraison puis la mise en service des fameux lance-missiles Himars. Grâce à leur portée plus importante que l'artillerie conventionnelle, ces «High Mobility Artillery Rocket System» ont offert à Kiev la capacité de secouer, loin derrière les lignes ennemies, une logistique russe déjà plutôt mal en point depuis le début du conflit.

Attaque de la base aérienne de Saki en Crimée, pilonnage constant des ponts stratégiques pour la logistique russe, visée précise et destruction de bases de commandement avancées, de dépôts de munitions ou de carburant, de nœuds et lignes ferroviaires vitales pour l'approvisionnement des premières lignes russes: les «petits» missiles fournis par les États-Unis font déjà de grands miracles.

Vol au-dessus du Rubicon

Il reste cependant un pas qui n'a pas encore été franchi, un type de projectile qui n'a pas été fourni et qui pourrait encore démultiplier la capacité de Kiev à semer le trouble dans l'organisation des armées russes: les ATACMS, pour «Army Tactical Missile System».

Comme l'explique Defense News sous la forme d'une tribune écrite à six mains par les analystes et stratèges américains Ryan Brobst, John Hardie and Bradley Bowman, les ATACMS sont de petits missiles balistiques que les Himars –ainsi que d'autres matériels fournis par la Grande-Bretagne ou l'Allemagne notamment– sont capables de lancer.

De précision également, ils sont décrits comme de courte portée, par comparaison avec des missiles balistiques plus conventionnels. Il ne faut pourtant pas s'y tromper: la «courte portée» des ATACMS peut grimper jusqu'à 300 kilomètres, à comparer avec les 70 kilomètres de portée des munitions pour l'instant fournies pour les Himars ukrainiens, avec une charge environ deux fois plus lourde.

La logique est donc évidente: comme l'expliquent Ryan Brobst, John Hardie et Bradley Bowman, la fourniture d'ATACMS par les États-Unis permettrait peu ou prou la même chose que les missiles déjà envoyés, mais en allant plus en profondeur encore derrière les lignes russes.

De quoi, par exemple, menacer la flotte de Moscou en mer Noire et l'empêcher d'arroser les civils ukrainiens de ses missiles de croisière. De quoi, également, perturber un peu plus encore l'approvisionnement des troupes russes sur le front et désorganiser totalement leurs efforts. Bref, de quoi affaiblir de manière plus sensible l'effort de guerre du Kremlin et regagner un peu d'allant dans la contre-offensive menée au sud, voire dans le Donbass.

L'administration Biden, jusqu'ici, s'est refusée à fournir ces ATACMS, de peur que leur puissance ne provoque la furie des Russes et une escalade du conflit. Pourtant, force est de constater que, mis à part l'usage de nucléaire tactique, l'escalade est déjà bien intervenue –les mêmes réserves avaient été émises pour les Himars, finalement envoyés.

En outre, et comme l'expliquent les auteurs de la tribune publiée par Defense News, l'usage d'ATACMS éventuellement fournis par les États-Unis à l'Ukraine pourrait être encadrée de conditions strictes, comme le fait de ne pas s'en servir sur des cibles en territoire russe.

Le 29 juillet, le ministre ukrainien de la Défense Oleksiy Reznikov annonçait dans un tweet, et après une discussion avec son homologue américain Lloyd Austin, de «bonnes nouvelles, dont les détails seront annoncés plus tard». Qui sait? Peut-être s'agissait-il de la fourniture à venir de ces ATACMS et des possibilités qu'ils ouvraient pour les forces de Kiev.

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