Deux Mi-28 russes à l'attaque. Les Mi-28 ukrainiens sont les mêmes, mais ukrainiens. | Dimitar Dilkoff / AFP
Deux Mi-28 russes à l'attaque. Les Mi-28 ukrainiens sont les mêmes, mais ukrainiens. | Dimitar Dilkoff / AFP

Un drone ukrainien a-t-il réussi le coup du siècle, 100 kilomètres derrière les lignes ennemies?

Des dépôts de carburant situés en territoire russe ont explosé.

Le 25 avril, médias russes et observateurs de la guerre sur Twitter rapportaient un important incendie dans un dépôt de carburant à Briansk, capitale administrative de l'oblast du même nom, située à une grosse centaine de kilomètres de la frontière ukrainienne. Deux installations, l'une civile (10.000 tonnes d'essence) et l'autre militaire (5.000 tonnes) se sont semble-t-il coup sur coup transformées en d'infernaux brasiers.

Immédiatement, les esprits se remémoraient un épisode récent et marquant du conflit, survenu le 1er avril lorsque des hélicoptères Mi-28 attaquaient d'autres dépôts d'essence primordiaux pour la logistique guerrière du Kremlin à Belgorod, également en territoire russe.

À l'époque, l'Ukraine avait officiellement réfuté être à l'origine de ces attaques d'une inimaginable bravoure: une telle opération derrière les lignes, défenses antiaériennes et frontières ennemies suppose une sacrée dose de témérité et autant de compétences de la part de pilotes humains.

Pourtant, tout indiquait sa responsabilité. Si la Russie opère également des Mi-28, une seconde vidéo montrait les appareils filer au ras des pâquerettes en direction de la frontière ukrainienne, une fois leurs roquettes ayant fait mouche.

Frapper Belgorod, porter un coup important à la logistique russe tout en faisant fi de défenses antiaériennes apparemment défaillantes, était sur le plan militaire une opération admirable.

Mais si Belgorod est située à quelques courtes encablures de la frontière ukrainienne, ce n'est pas le cas de Briansk, beaucoup plus loin dans le territoire ennemi. C'est une autre paire de manches –et un risque impossible à faire peser sur des équipages humains, sauf à les envoyer à une mort quasi certaine.

Attaque fantôme

Alors, sur Twitter, est né ce qui n'est pour l'instant qu'une rumeur, dont la réalité ne peut encore être étayée que par de maigres éléments. Selon une source d'Ukraine Weapon Tracker, l'un des plus fins duos d'observateurs à distance de la chose militaire sur le terrain, c'est un drone Bayraktar TB-2, déjà l'un des héros ukrainiens de la guerre, qui aurait réussi ce coup pour le moins remarquable.

Une autre photo troublante a été postée dans le même temps: celle des débris supposés d'un TB-2, que les forces russes auraient abattu quelque part au-dessus de l'oblast de Koursk, donc possiblement sur le chemin du retour de Briansk.

Rien ne permet d'affirmer que ces débris sont bien ceux de l'appareil responsable de l'attaque sur Briansk, si attaque sur Briansk il y a eu. D'autant que d'autres observateurs notaient que, comme avant l'attaque sur Belgorod, des officiels ukrainiens avaient prévenu que la Russie préparait une opération de type false flag –incluant ces débris de Bayraktar TB-2– destinée à accusée Kiev d'incursions et d'attaques illégitimes sur son territoire.

Dans le brouillard de la guerre, celle de l'information et des propagandes, difficile donc pour le moment d'affirmer quoi que ce soit. Comme à Belgorod, l'accusation d'un false flag semble néanmoins des plus curieuses.

En guerre avec la Russie, il ne serait pas illogique que l'Ukraine cherche à frapper au-delà de ses frontières. Dans l'attaque de Belgorod comme celle de Briansk, il s'agit d'installations ayant un intérêt crucial pour les armées russes (un coup dur porté à une logistique déjà bien mal en point) et non de cibles civiles. Cela n'offrirait donc que de maigres prétextes à la Russie, déjà peu réputée pour sa retenue, pour une réaction brutale.

Peut-être en saurons-nous plus dans quelques heures, dans quelques jours. Ou peut-être devrons-nous attendre le travail des historiens pour savoir de quoi il en retourne exactement, et si le matériel utilisé a bien été un Bayraktar TB-2 –pourquoi pas, par exemple, l'un des drones kamikazes Switchblade fournis par les Américains et qui sont sans doute déjà entre les mains ukrainiennes?

Quoi qu'il en soit, s'il s'agit d'attaques ukrainiennes réussies en territoire russe, avec un drone qui plus est dans le cas de Briansk, c'est une fois de plus la preuve que quelque chose ne colle décidément pas du côté des forces russes, aux lacunes innombrables.

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