La mort tombée du ciel. | Capture d'écran Strange Days Indeed via YouTube
La mort tombée du ciel. | Capture d'écran Strange Days Indeed via YouTube

Un drone de loisir ukrainien lâche une grenade DIY à travers le toit ouvrant d'un véhicule russe

Les appareils commerciaux aussi font des ravages.

L'actuelle guerre en Ukraine est sans doute celle qui aura le mieux mis en avant une récente transformation de la chose militaire. Grands comme le désormais légendaire Bayraktar TB-2, plus petits comme l'appareil-suicide américain Switchblade, les drones low cost sont désormais partout et, bien utilisés, il peuvent changer le cours de batailles entières.

Mais il y a low cost et low cost. Le TB-2 représente par exemple un coût unitaire de 5 millions de dollars: c'est moins cher qu'un Rafale, certes, mais ce n'est pas à la portée de tous les budgets militaires.

En revanche, les drones commerciaux et de loisir, notamment les omniprésents modèles de la très populaire marque chinoise DJI, ne coûtent que quelques centaines de dollars –et peuvent aussi faire quelques ravages sur les troupes ennemies.

L'Ukraine, dont le gouvernement a fait un appel au début du conflit à la population du pays pour qu'elle mette à la disposition de ses armées ses drones de loisir, en fait un usage aussi intensif qu'efficace, comme l'explique un article d'Ars Technica.

«Les drones ont changé la manière dont on conduit une guerre», déclare au site américain Valerii Iakovenko, fondateur de la marque ukrainienne DroneUA. «Tout repose sur le renseignement, sur la collecte et le transfert de données sur les mouvements et les positions des troupes ennemies, sur les corrections des tirs d'artillerie. Les drones servent également à contrer les opération de sabotage, ou permettent la recherche et le sauvetage de soldats.»

Selon lui, les opérateurs ukrainiens sont dotés d'une force de 6.000 appareils de reconnaissance, bien aidés par l'installation en urgence par Elon Musk et sa firme Starlink d'une solide connexion satellitaire à internet un peu partout dans le pays.

D'autres sont plus créatifs encore dans leur utilisation militaire de ces drones commerciaux. DJI a d'ailleurs annoncé se retirer à la fois d'Ukraine et de Russie pour ne pas voir ses appareils de loisir engagés dans une guerre qui ne la concerne pas.

Le ciel tombé sur la tête

C'est ainsi que l'on a pu voir il y a quelques jours circuler sur Twitter la vidéo supposée d'un petit exploit de bricolage DIY et militaire appliqué à la mise à mort d'hommes au sol.

Soyez prévenus: les images ci-dessous, accompagnées de l'horripilante et déshumanisante musique dont les propagandistes ukrainiens comme russes devraient apprendre à se passer, montrent de la mort et des souffrances –voire des crimes de guerre, les cibles visées étant semble-t-il et selon le document entier et non-édité blessées et en train de fuir.

Selon l'auteur de ce fil sur Twitter, Ian Matveev, des Ukrainiens ont ainsi réussi à adapter à un Phantom 3, l'un des drones de loisir les plus fameux de DJI, un mécanisme permettant de transporter puis de lâcher, à la demande, de petits objets.

Un autre observateur sur Twitter, anglophone cette fois, a pris la peine d'expliquer en détail la manière dont les choses ont été conçues, tout en montrant d'autres images du même type.

Selon ChrisO, les drones en question lanceraient des grenades à fragmentation VOG-17 de conception soviétique, auxquelles ont été ajoutés de petits ailerons imprimés en 3D, permettant sa stabilisation dans les airs. La grenade, décrit-il, n'est pas des plus massives (350 grammes) ni des plus explosives, et ne pourrait à elle seule détruire un véhicule.

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Elle est en revanche très largement disponible en Ukraine, et suffisamment létale pour être utilisée contre des hommes au sol, comme on le voit sur les deux vidéos. ChrisO note en outre que la technique a déjà été utilisée en Irak ou en Syrie, mais jamais à une aussi grande échelle qu'en Ukraine.

Il explique enfin que l'Ukraine a déjà testé, dès 2020, une version plus musclée de cet attelage low cost, destinée à s'en prendre aux blindés légers comme le BMP-3 et composée d'un octocoptère et de grenade anti-blindés RKG-3 ou d'obus de mortiers auxquels, là encore, avaient été adaptées des ailettes ad hoc.

«Le rapport coût-efficacité de ces choses est extraordinaire, écrit-il. Un octocoptère coûte peut-être 10.000 dollars, un Phantom 3 coûte autour de 500 dollars. Les munitions coûtent sans doute moins de 100 dollars. Chaque BMP-3 coûte aux Russes 796.000 dollars, auxquels il faut ajouter le coût d'un équipage.»

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