Un fragment d'un drone kamikaze à Kiev, le 14 décembre 2022. | Anatolii Siryk / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Un fragment d'un drone kamikaze à Kiev, le 14 décembre 2022. | Anatolii Siryk / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Les drones Shahed iraniens envoyés par la Russie sur l'Ukraine ne servent déjà plus à grand-chose

Une corde de moins à l'arc de Moscou.

Le dernier jour de 2022, le premier de l'année naissante, et les festivités qui ont pu avoir lieu entre les deux ont eu un goût amer et une odeur d'explosif en Ukraine. Le pays a, une fois de plus, été noyé sous des vagues successives de missiles de croisière, puis de drones Shahed-136, ces fameuses «mobylettes volantes» que Moscou a commandées en nombre à l'Iran.

S'il peut encore se poursuivre quelque temps, le cauchemar de la population ukrainienne a toutefois peut-être passé sa phase la plus critique. Nous en parlons depuis quelques mois, mais le stock de missiles russes est semble-t-il au plus bas et le pays, frappé par les sanctions économiques et technologiques imposées par l'Occident, peine à en fabriquer de nouveaux.

Les débris de certains des missiles de croisière récemment lancés par Moscou indiquent qu'ils ont été produits lors du dernier trimestre 2022. Comme l'a récemment affirmé le chef du renseignement militaire ukrainien, Kyrylo Boudanov, cela semble indiquer qu'il s'agit des dernières cartouches concernant ces redoutables armes.

Le Kremlin fait également (et notamment) usage, sur les structures civiles, de projectiles de S-300, un système de défense anti-aérienne qui n'est initialement pas prévu à cet effet. Fin novembre, le renseignement britannique indiquait par ailleurs que Moscou retirait les têtes nucléaires de certains de ses vieux missiles pour les envoyer sur l'Ukraine, et ajouter ainsi à l'effet de masse des bombardements et à la tâche complexe des défenses anti-aériennes ennemies.

Téhéran pourrait aussi suppléer les stocks finissants de la Russie en lui fournissant certains de ses propres missiles balistiques ou de croisière. En attendant, il semble que les espoirs russes reposent sur les fameux drones kamikazes Shahed-136 que l'Iran fournit en grand nombre au Kremlin et qu'il semble décidé à produire lui-même grâce à d'étroits échanges techniques négociés avec Téhéran.

Mais la menace que représentaient il y a quelques mois ces aéronefs –qui n'auraient un temps pas pu opérer du fait de températures trop basses– semble peu à peu s'effacer. Frappée de plus en plus profondément en ses terres, la Russie pourrait vouloir amplifier leur usage dans les prochaines semaines voire les prochains mois.

Drones de drames

Malgré un effet psychologique certain sur les civils, ce sera peut-être vain. Lors de son discours de Nouvel An, le président ukrainien Volodomyr Zelensky a ainsi prévenu que ces attaques allaient se multiplier mais a, en parallèle, promis que le pays allait encore renforcer ses défenses anti-aériennes avec l'aide de ses alliés.

Il y a quelques semaines, l'Ukraine annonçait notamment travailler sur ses propres «drones anti-drones», qui pourraient débarrasser les cieux du pays de ces Shahed-136 dont la lenteur –compensée par leur nombre car lancés en essaims afin de déborder les défenses– peut en faire des cibles faciles, toute chose étant relative par ailleurs.

En attendant de posséder ses propres systèmes –et sans compter les batteries anti-missiles Patriot qui mettront quelques mois à être déployés et auront un tout autre usage que ces petits drones–, l'Ukraine peut compter sur ses défenses déjà en place et sur celles qu'elle a reçues, comme les très efficaces NASAMS.

Et cela fonctionne plutôt bien, voire très bien. Selon les autorités du pays et le président Zelensky, tous les drones Shahed envoyés par la Russie entre le 31 décembre 2022 et le premier jour de l'année suivante (84 au total), ont pu être abattus avant de tomber sur les infrastructures critiques et habitations civiles du pays. Au total, 500 de ces mobylettes volantes auraient déjà été envoyées par Moscou sur l'Ukraine, avec une efficacité qui décroît régulièrement à mesure que Kiev organise sa résistance et ses défenses.

Le pays a aussi, cette fois, moins souffert sur le plan énergétique. Quant à sa résolution contre l'envahisseur russe, elle n'a pas diminué d'un iota. Selon de récents sondages, et malgré ces vagues de bombardements terroristes ou les horreurs vécues partout par les populations civiles, ces dernières continuent de soutenir coûte que coûte l'action militaire de leur gouvernement et ne comptent pas lâcher un pouce carré de territoire.

Citée par le Wall Street Journal, une enquête menée par le Kyiv International Institute of Sociology estime ainsi que 85% des Ukrainiens étaient contre de quelconques cessions territoriales en décembre, contre 87% en septembre et 82% en mai. En tentant la carte de l'épuisement, il semble que ce soit la Russie qui s'essouffle.

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