Deux MiG-29 polonais à la parade. | Joel Saget / AFP
Deux MiG-29 polonais à la parade. | Joel Saget / AFP

Pour l'Ukraine, les États-Unis veulent troquer leurs F-16 contre des MiG-29 polonais

Les armées de Zelensky attendent toujours leurs avions. Viendront-ils?

C'est un feuilleton crucial qui se joue ces jours-ci dans les hautes sphères diplomatiques. Son enjeu pourrait déterminer, en partie, l'issue de la guerre en cours: l'Ukraine verra-t-elle les capacités de son armée de l'air renforcée par l'apport de chasseurs et bombardiers «offerts» par ses voisins en vue de sa défense?

Tout a commencé lorsque Josep Borell, vice-président de la Commission européenne, a annoncé le 27 février sans l'ombre d'un doute que les pays de l'Union européenne disposant d'avions opérables par l'armée de l'air ukrainienne allaient lui en transférer.

C'était un possible premier tournant dans la guerre, un moyen de changer sensiblement le rapport de force entre belligérants. En sus des centaines de Man Portable Air Defense System (MANPADS), systèmes de missiles sol-air fournis par les pays occidentaux, notamment les redoutables FIM-92 Stinger, de nouveaux MiG-29 pour ne citer qu'eux pourrait permettre à l'Ukraine de ralentir un peu plus l'avancée russe.

Patatras plusieurs jours plus tard. Alors que les autorités ukrainiennes annonçaient que certains de ses pilotes avaient déjà gagné la Pologne pour prendre livraison des MiG-29, Politico annonçait le capotage complet de l'opération. La Pologne, pas plus que la Slovaquie ou la Bulgarie par exemple, n'allaient envoyer leurs aéronefs à l'Ukraine.

Les espoirs ukrainiens de se voir finalement fournir ces si précieux atouts aériens ont, ces dernières heures, oscillé entre la renaissance et de nouvelles déceptions.

Après un discours passionné du président Zelensky au Congrès américain, lors duquel il réitérait sa demande d'imposition par l'Otan d'une «no fly zone» au-dessus de l'Ukraine, la Maison-Blanche expliquait continuer à négocier avec la Pologne pour trouver une solution.

«Nous travaillons avec la Pologne au moment même où je vous parle pour voir si nous pouvons remplacer ce qu'ils fourniraient aux Ukrainiens, a ainsi déclaré le Sécrétaire d'État Blinken sur CNN, depuis la Moldavie. Je ne peux pas parler de délais, mais je peux vous dire que nous y travaillons très, très activement», a-t-il ajouté.

Dans le même temps, il disait ne pas s'opposer à ce que des nations membres de l'Otan fournisse des avions à l'Ukraine.

L'un des problèmes cités par la Pologne, comme par d'autres pays pressentis pour fournir des avions à l'Ukraine, est en effet l'état de ses propres forces aériennes, qui auraient du mal à se passer de ces atouts, fussent-ils vieux et peu utilisés.

La solution avancée par la Maison-Blanche est donc, comme l'explique en pointillés Antony Blinken, de remplacer ces MiG-29 partis vers l'est par des avions issus des rangs américains, a priori des F-16 Block 70/72 modernisés ou grâce à une accélération des livraisons des F-35 dont la Pologne a déjà fait l'acquisition, et sur lesquels il pourrait lui être proposé un intéressant rabais.

Valse-hésitation

Mais comme l'a repéré The Drive, les services du Premier ministre polonais se sont empressés, sur Twitter, de démentir une nouvelle fois l'information, malgré sa source très haut placée.

Non, la Pologne ne fournira pas de MiG-29 à la Pologne, et aucun de ses aéroports ne servira à la guerre menée par l'Ukraine, s'exclamant même que l'annonce était une «fake news».

La réticence est logique: la Russie, ces derniers jours, a une fois de plus haussé le ton sur la question de la «no fly zone» comme sur celle de la fourniture d'armements par les alliés de l'Ukraine, notamment par les pays de l'Otan, considérant que ces aides pouvaient être considérées comme l'intervention directe de nations belligérantes, et donc mener à une escalade.

The Drive note que, pour l'instant, les livraisons d'armes par les pays de l'Union européenne ou de l'Otan se font majoritairement par la route, via la frontière polonaise, ce dont Moscou prend logiquement ombrage, mais qui n'a jusqu'ici pas mené à une nouvelle escalade.

Quelques MiG-29 pourraient peut-être ainsi être acquis pour être remis, démontés, par la route à l'Ukraine. Mais les experts militaires occidentaux ne cessent d'expliquer que le pays n'a pas totalement encore perdu le contrôle de ses airs, et le nombre quotidien d'avions et hélicoptères russes abattus par des missiles sol-airs type Stinger ne cesse d'étonner.

Peut-être, malgré les bombes et les missiles qui ne cessent de pleuvoir sur ses armées comme sur ses civils et infrastructures, Zelensky, ses armées et son peuple devront se contenter de ces MANPADS encore quelque temps.

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