Pas de doute, ça brûle. | Capture d'écran via Twitter
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Le (très) gros coup des Himars ukrainiens sur une base russe à Melitopol

Les pertes semblent colossales, et la ville est stratégique.

Malgré de grosses tensions autour de son inventaire de missiles et drones –que l'on dit faible–, la Russie n'a jamais cessé ses attaques contre les infrastructures ukrainiennes, offensives publiquement saluées jeudi 8 décembre par un Vladimir Poutine coupe de champagne à la main, possiblement pompette. Le 9 décembre, Moscou visait ainsi Kherson et Odessa privant, alors que l'hiver s'abat sur l'Ukraine, 1,5 million de personnes d'électricité et faisant plusieurs victimes.

Mais Kiev ne s'en laisse pas compter et, de son côté, continue sa campagne de bombardements stratégiques de cibles militaires russes, bien au-delà de la ligne de front, ce que leur permet l'allonge appréciable des lance-missiles Himars fournis par ses alliés, au premier rang desquels les États-Unis.

L'Ukraine semble même avoir réussi un gros coup ce samedi 10 décembre à Melitopol, ville où l'occupant russe prépare fébrilement ses défenses dans l'attente de prochaines contre-offensives de Kiev dans le sud du pays, et zone où la résistance locale –les fameux «partisans» ukrainiens– est la plus active et utile.

Ceux-ci ne sont sans doute pas pour rien dans le ciblage d'un ensemble de cabines et baraquements –semble-t-il un complexe nommé The Hunter's Halt–, situé près d'une église catholique de l'est de la ville, et où les troupes russes avaient choisi d'établir une base. Ladite base n'existe désormais plus, et nombre de ceux qui l'occupaient pourraient avoir péri –il s'agissait notamment d'hommes du Groupe Wagner ou d'autres obéissant aux ordres de Ramzan Kadyrov.

Comme le rapporte le Guardian, une série d'explosions a réduit l'intégralité de l'endroit en charbon, le détruisant brutalement par le feu. L'attaque est visible dans les images ci-dessous.

Si Melitopol tombe...

Difficile d'établir un bilan de cette attaque. Les autorités prorusses locales parlent de deux morts et d'une dizaine de blessés. Du côté ukrainien, la musique jouée est en revanche plus funèbre: maire de Melitopol en exil, ex-otage des russes dans les premières semaines de la guerre, Ivan Fedorov a affirmé sur Telegram que 200 militaires russes occupaient les lieux au moment des déflagrations.

Il y a peu, il expliquait également que la ville dans son ensemble avait été transformée par l'armée russe en une gigantesque base, où les logements étaient réquisitionnés en masse pour y faire vivre de nombreuses troupes, et où le matériel militaire s'accumulait dans les parcs et jardins d'enfants.

D'autres attaques d'autres bases, dans d'autres villes tenues par les Russes, ont été rapportées. Un quartier général monté par le Groupe Wagner à Kadiivka, dans la région de Lougansk, aurait été visé par des missiles ukrainiens, avec des pertes importantes à en croire le gouverneur en exil de l'endroit. Même scénario à Sébastopol ou Simferopol.

Le «coup» de Melitopol intervient alors que la ville est présentée comme une prochaine cible évidente pour les troupes ukrainiennes dans leur marche vers le sud du pays –et au final dans leurs plans pour reprendre l'intégralité de la Crimée.

«Toute la logistique faisant le lien entre les troupes russes de la région de Kherson jusqu'à la frontière près de Marioupol passe par Melitopol, a précisé Oleksiy Arestovych, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, lors d'une interview. Si Melitopol tombe, l'intégralité de la ligne de défense jusqu'à Kherson s'effondre. L'Ukraine gagne une route directe vers la Crimée.»

Ces frappes lointaines interviennent quelques jours après les révélations du Wall Street Journal, qui relatait que les Himars envoyés par les États-Unis en Ukraine étaient bridés, afin de ne pas pouvoir employer d'armes à très longue portée, comme les ATACMS.

D'abord plutôt réticente à l'idée de voir l'Ukraine frapper trop loin, en particulier en terres russes, l'Amérique semble pourtant, ces derniers jours et à en croire certains rapports, changer quelque peu son fusil d'épaule et donner un feu vert tacite à Kiev pour lancer ses drones ou missiles contre des cibles militaires au-delà de ses frontières.

Si leur succès est confirmé, des attaques comme celles des bases militaires de Melitopol ou le QG de Wagner à Kadiivka pourraient mettre le Pentagone un peu plus en confiance pour une éventuelle fourniture d'armes capables d'aller taper beaucoup plus loin, notamment dans cette Crimée que l'Ukraine ne lâchera en aucun cas.

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