Rafael Mariano Grossi, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, à Zaporijia, en discussion avec German Galushchenko, ministre ukrainien de l'Énergie, et Petro Kotin, patron d'Energoatom. | Genya Savilov / AFP
Rafael Mariano Grossi, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique, à Zaporijia, en discussion avec German Galushchenko, ministre ukrainien de l'Énergie, et Petro Kotin, patron d'Energoatom. | Genya Savilov / AFP

Le miraculeux 180 degrés d'une roquette près de la centrale nucléaire de Zaporijia

Plus fort que la «balle magique» de Kennedy.

La centrale nucléaire de Zaporijia, en territoire ukrainien contrôlé par les forces russes, l'une des plus grandes en Europe, est depuis quelques semaines au cœur de vives inquiétudes. Les Ukrainiens accusent les armées russes de l'utiliser comme bouclier et comme base militaire, quand, à l'inverse, Moscou accuse Kiev bombarder la centrale.

Menés par leur patron Rafael Mariano Grossi et malgré les bombes qui continuaient à tomber dans les environs, des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) ont fini par avoir accès, début septembre, aux installations atomiques de Zaporijia.

Après la révélation, début août, d'images semblant confirmer la présence de matériels militaires russes au sein même de la centrale, ce que les agents de l'AIEA ont découvert n'a rien de rassurant –et l'on s'étonne moins que les populations environnantes aient été livrées en pastilles d'iode.

Avant d'annoncer que quelques membres de ses équipes resteraient sur place pour surveiller la situation, Rafael Mariano Grossi a ainsi expliqué que «l'intégrité physique de la centrale» avait été «violée» à plusieurs reprises.

Des images satellites publiées quelques jours plus tôt, montrant des impacts de projectiles sur le toit des installations, confirmaient que les installations nucléaires –régulièrement déconnectées du réseau électrique, ce qui n'est pas sans poser de problèmes de sécurité– s'étaient effectivement retrouvées sous les bombes.

U-turn

Mais quelles bombes? Lancées par quel camp? C'est là qu'intervient un drôle de bonhomme, Renat Karchaa, un expert nucléaire russe pour Rosatom croisé par les inspecteurs de l'AIEA, auxquels il a tenté d'expliquer que l'armée ukrainienne était responsable des bombardements.

Des images moqueuses, postées ce premier week-end de septembre sur les réseaux sociaux, montrent ainsi l'homme décrire, avec de grands gestes quasi comiques, la trajectoire miraculeuse de l'une des roquettes tombées près de la centrale et n'ayant pas explosé à l'impact.

«Elle venait de là-bas, et c'est la direction de Nikopol», aurait ainsi déclaré Renat Karchaa aux personnes présentes, selon le Telegraph, pointant ainsi une zone voisine, sur l'autre rive du fleuve Dniepr, encore sous contrôle ukrainien. «Elle a opéré un demi-tour. C'est-à-dire qu'elle a atterri, puis a tournoyé sur elle-même», aurait-il poursuivi, décrivant ainsi la trajectoire la plus invraisemblable depuis la «balle magique» ayant tué John F. Kennedy.

Sans cet incroyable 180 degrés, la roquette apparaît bien évidemment comme ayant été tirée depuis des positions contrôlées par les Russes, ce qu'ont confirmé au quotidien britannique des membres du personnel de la centrale encore sur place.

Mais au-delà de cette propagande plutôt risible, il semble que les canons et missiles ukrainiens ne sont pas non plus totalement silencieux dans la région. Vendredi 2 septembre, le pays admettait ainsi, dans l'un de ses points militaires réguliers, avoir frappé des positions russes à Energodar, à proximité d'une centrale atomique dont la sécurité n'est décidément pas assurée.

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