L'Ukraine prouve qu'elle existe. | Sergei Supinsky / AFP
L'Ukraine prouve qu'elle existe. | Sergei Supinsky / AFP

Dans l'Ukraine occupée, la résistance de l'ombre passe aussi par les drones

L'attaque sur le QG de la flotte de la mer Noire est venue du territoire de Sébastopol.

Pour les armées ukrainiennes, les drones de loisir et transformés avec ingéniosité, commandés sur AliExpress ou de conception militaire comme le désormais fameux Bayraktar TB2, sont l'un des plus précieux atouts dans leur sanglant face à face avec les forces d'invasion russes.

Par nature secret et caché, très sous-estimé par Moscou selon certains analystes, un autre atout pour les forces ukrainiennes réside dans les partisans, ces résistants qui, dans les territoires et villes occupés comme Kherson ou Melitopol, harcèlent et tuent des militaires russes derrière le front ou règlent leurs comptes aux «collaborateurs» un peu trop zélés.

Un récent article de la BBC explique notamment comment ces forces de l'ombre, qui pour certaines œuvrent depuis 2014 ou ont plus récemment été guidées par un manuel du parfait résistant édité par Kiev, œuvrent dans une Kherson placée sous le sévère joug russe à la localisation de cibles possibles pour les armées ukrainiennes officielles.

Pour ce faire, ces hommes et ces femmes –généralement des civils, parfois d'ex-militaires ou policiers, explique un article de Task & Purposeutilisent des drones, qu'ils achètent parfois grâce à un financement participatif discret. Leur menace, à la fois silencieuse et terrible, plane donc partout en Ukraine sur les troupes russes, des deux côtés de la ligne de front.

Tranquille nulle part

Elle permet même quelques jolis coups d'éclat. Le 31 juillet, les autorités russes de Sébastopol, grand port de la Crimée occupée, annonçaient que le quartier général de la flotte de la mer Noire avait été l'objet d'une attaque, menée par un drone lancé depuis la zone, donc possiblement par des résistants ukrainiens.

Pas de morts à déplorer, mais des blessés, quelques dégâts matériels et, surtout, l'annulation de festivités annuelles du Jour de la marine annoncée par Mikhail Razvozhayev, gouverneur de la ville. Le même «Navy Day» a été célébré par Vladimir Poutine dans «sa» ville de Saint-Petersbourg, où il a annoncé doter sa flotte nationale de nouvelles armes et de nouveaux missiles, en particulier le fameux Zircon.

«Des opérations de recherche sont en cours dans la ville pour retrouver les organisateurs de cet acte terroriste», a déclaré Olga Kovitidi, élue russe, à l'agence de presse et organe de propagande du Kremlin RIA Novosti. «Ils seront retrouvés d'ici ce soir.»

Kiev a officiellement nié toute responsabilité dans l'attaque, expliquant qu'il s'agissait sans doute d'un «false flag» et d'une excuse pour annuler le Navy Day –pour lequel il semble pourtant que les navires russes étaient bel et bien prêts.

Comme le note The War Zone, une telle attaque, si elle avait été réellement menée par des «partisans» ukrainiens, enverrait à nouveau un message clair à Moscou. Dans le Donbass, à Kherson, à Melitopol, en Crimée, la Russie n'est pas chez elle, et les Ukrainiens peuvent la frapper où ils le souhaitent, même en territoire occupé.

Grâce aux drones notamment, et à la grande accessibilité de cet arsenal mi-civil, mi-militaire, ils ne s'en priveront d'ailleurs sans doute pas tant que l'occupation sera effective.

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