Des soldats américains lors d'exercices militaires internationaux initiés par l'OTAN en Pologne, en 2017. | AFP
Des soldats américains lors d'exercices militaires internationaux initiés par l'OTAN en Pologne, en 2017. | AFP

En Ukraine, le rôle vital de la CIA et des forces spéciales internationales

Dans le pays ou chez ses voisins, un réseau s'active pour aider Kiev à résister à la Russie.

Les liens entre l'Ukraine et les États-Unis et ses alliés de l'OTAN ne remontent pas au 24 février 2022, date de l'invasion du pays par son puissant voisin russe. Dès 2014 avec l'invasion de la Crimée, et même bien avant, des efforts importants ont été entrepris par l'alliance atlantique pour moderniser et entraîner les troupes de Kiev, en vue d'un éventuel conflit plus général.

Ces liens ont été réactivés et renforcés avec l'entame du conflit. Comme l'explique un article du New York Times, l'Occident ne se contente pas d'envois massifs d'armes: sur place ou dans les pays voisins, un important réseau militaire et de renseignement s'est organisé pour appuyer les troupes ukrainiennes dans leurs luttes quotidiennes.

Ce que nous rapportions il y a quelques jours pour l'aviation avec la Grey Wolf Team, qui aide à distance les pilotes en jaune et bleu à faire front face à leurs ennemis russes, n'est que la partie émergée d'un plus vaste iceberg, allant bien au-delà du simple entraînement des militaires ukrainiens sur les nouveaux matériels qui leur sont fournis, tels les canons français Caesar.

Une cellule internationale, à l'image de celle qui avait été mise en place pour l'Afghanistan et comprenant des représentants d'une vingtaine de nations, a ainsi été créée pour coordonner l'action de dizaines de groupes chargés, à distance, de fournir aide et renseignement aux troupes ukrainiennes.

Commandos

Le New York Times parle de «quelques douzaines de commandos» issus de pays membres de l'OTAN comme le Royaume-Uni, la France, le Canada ou la Lituanie, en sus bien sûr des États-Unis, qui conseillent et entraînent directement les soldats ukrainiens. L'une des tâches principales leur incombant est la coordination de l'arrivée des armes envoyées par l'Occident.

«Alors que les Ukrainiens essaient de déplacer ces armes au sein du pays et d'éviter que les Russes ne visent les convois, nous tentons de contribuer à la coordination de tous ces mouvements», expliquait l'«Army Secretary» Christine E. Wormuth lors d'une récente réunion de l'Atlantic Council, un think tank américain, ajoutant que ces troupes étrangères abreuvaient leurs homologues ukrainiennes en renseignement sur l'emplacement des menaces éventuelles.

Grâce à des communications sécurisées, ces commandos étrangers envoient ainsi aux Ukrainiens, sur des tablettes fournies par les États-Unis, les localisations supposées des troupes ennemies, de leurs pièces d'artillerie ou de leurs colonnes de blindés –en plus des armes fournies, c'est un moyen puissant pour rééquilibrer quelque peu les forces entre les deux armées.

Transmettre la bonne information au bon moment à la bonne unité est semble-t-il également le rôle dévolu aux membres de la CIA présents dans le pays, qui eux ne quittent pas Kiev, où ils disposent de liens directs pour informer le gouvernement ukrainien de leur connaissance de la situation.

Comme le note le New York Times, certains officiels américains se lamentent néanmoins des limitations de ces appuis sur place, qu'ils pensent pouvoir aller plus loin et prendre d'autres formes.

Organiser une chaîne d'unités médicalisées et d'hôpitaux de campagne, près des lignes de front, pourrait ainsi grandement aider les troupes ukrainiennes, alors que leurs pertes quotidiennes dans le Donbass sont massives.

L'un des officiels interrogés par le NYT, un ancien de l'administration Trump, explique que le United States Special Operations Command disposait sur le terrain de troupes chargées d'entraîner les Ukrainiens sur les questions médicales, de renseignement ou de communication. Elles ont été mises en retrait dès le début de l'invasion russe, afin d'éviter une confrontation trop directe avec le Kremlin et une possible escalade.

Depuis, l'aide existe et est prodiguée de plus loin –mais elle est néanmoins prodiguée, de manière internationale, coordonnée, parfois discrète voire secrète, par tous les moyens possibles et imaginables ne titillant pas trop les désirs d'escalade de Vladimir Poutine.

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