Un M2A3 Bradley, surnommé «tank killer» par certains officiels américains. | Dvids
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AMX-10 RC, Bradley, Marder: l'Ukraine gagne en manœuvrabilité pour les contre-offensives à venir

Un nouveau pas est franchi, et il est de course.

Mercredi 4 janvier, Emmanuel Macron poussait le premier domino d'une série que Kiev attendait depuis des mois. En annonçant la fourniture à l'Ukraine de chars légers AMX-10 RC, la France a ainsi poussé ses alliés et ceux de Kiev à accélérer la cadence de la fourniture de blindés offensifs.

Dans les jours suivants, l'Allemagne d'Olaf Scholz, englué depuis des mois dans ses propres hésitations, puis les États-Unis, qui y songeaient depuis quelques semaines, ont en effet respectivement annoncé l'envoi de blindés Marder et de chars Bradley.

Ces derniers font partie d'un nouveau package de 3 milliards de dollars (2,8 milliards d'euros) alloué par Washington, qui comprend aussi et notamment la fourniture de 18 M109A6 Paladin, des canons de 155 mm automoteurs dont les caractéristiques de mobilité et de vitesse ne sont pas sans rappeler celles des Caesar français.

Comme le note The War Zone, ils viennent s'ajouter aux innombrables BMC Kirpi déjà envoyés par la Turquie à l'Ukraine, aux Senators transférés par le Canada ou aux Bushmaster offerts par l'Australie.

Si les Bradley, Marder et AMX-10 RC ont un profil différent car beaucoup plus offensifs, tous ces armements ont en commun une chose: ils offrent à la fois une puissance de feu respectable et, surtout, une grande manœuvrabilité aux troupes ukrainiennes.

C'est cette dernière qui intéresse particulièrement. Car après des mois de boues automnales et de guerres de tranchées parfois dignes de la Première Guerre mondiale, le temps des offensives rapides, agiles et ravageuses comme celle qui a marqué l'automne et la reprise de l'entière région de Kharkiv, s'approche à nouveau.

Les officiels américains sont d'ailleurs très clairs sur la question. Selon le général de brigade de l'armée de l'air américaine Pat Ryder, il est désormais temps de «changer l'équation sur le champ de bataille» –cela passe également par des formations fournies aux forces ukrainiennes.

L'objectif n'est plus la survie et la défense, mais la contre-attaque et la reprise des territoire pris par la Russie depuis 2014 puis dans les premiers mois de son invasion à grande échelle de 2022.

L'allié venu du froid

Un élément climatique vient ces jours-ci transformer la dynamique de ce qui se passe au sol, d'un côté comme de l'autre: le mordant de l'hiver ukrainien s'abat sur le pays, dont le gel profond devrait permettre au temps des grandes manœuvres de reprendre.

En outre, et comme l'explique un passionnant fil de Trent Telenko sur Twitter, la Russie ne pourra plus massivement réunir ses mobilisés dans des baraquements modernes, proches du front et chauffés de peur qu'un nouveau bombardement comme celui de Maviivka n'intervienne.

Pour ce qui est de la capacité offensive offerte à l'Ukraine, s'il est peu probable que les nouveaux chars et blindés allemands, américains et français soient arrivés pour l'entame des grandes manœuvres hivernales, d'autant qu'ils nécessitent une formation ad hoc, ils apporteront bien vite un vecteur appréciable de rapidité pour des troupes dont la mobilité et la réactivité, en plus de la capacité à casser du char russe, seront l'une des clés de la victoire.

Cette mobilité pourrait également s'avérer vitale si la Russie décidait, de son côté, de lancer une nouvelle offensive depuis le nord et le territoire de son alliés biélorusse, où des troupes sont massées et en exercice, faisant planer le risque d'une nouvelle tentative de prise de Kiev, comme le prophétisait le chef des armées ukrainiennes, Valeri Zaloujny dans The Economist en décembre.

Reste la question des chars plus lourds, des «main battle tanks» que sont le Leopard allemand, le Leclerc français ou le Abrams américain et qui, à ce jour, constituent un Rubicon que leurs possesseurs ne souhaitent pas encore franchir.

Déjà grand fournisseur de son voisin ukrainien, la Pologne a un temps caressé l'idée de lui envoyer ses propres Leopard 2, du moins si elle était accompagnée d'une coalition de nations s'engageant dans la même voie.

Mais si Varsovie réussissait à offrir ses chars les plus lourds à l'Ukraine, les autres alliés de Kiev se sentiraient peut-être obligés de suivre. De la même manière que l'annonce de la fourniture d'AMX-10 RC a contribué à faire bouger les lignes.

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