L'un des vieillissants Su-27 «Flanker» de la force aérienne ukrainienne. | STR / AFP
L'un des vieillissants Su-27 «Flanker» de la force aérienne ukrainienne. | STR / AFP

Que valent les armées de l'air ukrainienne, russe (et de l'Otan)?

Le conflit se jouerait en partie dans les cieux.

En actant la reconnaissance des deux républiques séparatistes du Donbass et en annonçant l'envoi de l'armée russe dans ces territoires formellement ukrainiens, Vladimir Poutine finissait, après des mois de tensions et de suspense, par choisir d'élargir le conflit avec son voisin.

S'il devait prendre une grande ampleur, ce qui ne semble pas impossible étant donné les forces massées depuis des semaines sur les territoires russes, biélorusses ou en Crimée, le conflit se jouerait en partie dans les airs, comme toute guerre moderne entre puissances étatiques.

Popular Mechanics a donc fait un rapide état des lieux des forces aériennes en présence, incluant celles de l'Otan dans le cas où l'idée improbable d'une intervention venait à se concrétiser du côté de l'Alliance. Spoiler: si l'Ukraine n'est pas totalement démunie dans les airs, son voisin belliqueux dispose d'une puissance de feu infiniment plus importante.

Selon les chiffres du Air Forces 2022 Almanac de Flight Radar, repris par le site américain, l'armée de l'air ukrainienne compte 69 chasseurs en activité: 43 Mig-29 («Fulcrum» pour l'Otan) ainsi que 23 Su-27 («Flanker» pour la même organisation).

Popular Mechanics note que, s'ils peuvent être redoutables, ces Mig-29 et Su-27 sont des aéronefs vieillissants, dont le pays a hérité en 1991, lors du démembrement de l'ex-URSS. Peu ont, depuis leur construction au siècle dernier, reçu les améliorations et modernisations capables de les conserver au niveau de leurs rivaux de l'Est.

Un plan de modernisation a été voté par Kiev en 2020, avec un budget de 12 milliards de dollars et visant l'acquisition de matériels occidentaux: c'est manifestement trop tard pour les airs, dans lesquels les chasseurs susnommés pourront être épaulés par une vingtaine de vieux Su-24 et Su-25 destinés aux attaques au sol, ainsi que par des hélicoptères Mi-24 «Hind».

Popular Mechanics en revanche ne cite pas une récente acquisition de taille pour l'Ukraine: des drones conçus, construits et vendus par la Turquie au grand dam de Vladimir Poutine, du même type que les Bayraktar TB2 low cost ayant déjà bouleversé quelques équilibres guerriers.

Super-supériorité aérienne

Et du côté Russes? Comme on peut s'y attendre, c'est beaucoup, beaucoup plus musclé. L'une des plus vastes du monde, l'armée de l'air sur laquelle Moscou pourra appuyer ses éventuelles opérations au sol est mieux dotée, en nombre comme en qualité.

Selon Popular Mechanics, qui reprend là encore les chiffres de l'almanach publié par Flight Global, la Russie peut compter sur une force composée de plus de 1.000 chasseurs. Parmi ceux-ci, 350 Su-27 qui, à l'instar de ceux opérés par l'Ukraine, ont, pour un certain nombre, été modernisés ou sont de nouvelle génération, les Su-27SMs ou les Su-35 par exemple.

Si cette écrasante armada ne suffisait pas à imposer une supériorité aérienne stricte à l'Ukraine, la Russie pourrait compter sur les innombrables batteries de S-400 postés sur son territoire mais également en Biélorussie, redoutable système de missiles anti-aériens, doté d'une portée de plus de 400 kilomètres.

Enfin, sans même parler du récent transfert à Kaliningrad de Mig-31 armés de rutilants missiles hypersoniques Kinzhal potentiellement pointés vers l'Europe, ses très nombreux projectiles balistiques Iskander-M pourraient en quelques minutes frapper des centaines de cibles au sol côté ukrainien. Notamment les bases aériennes du pays, pour paralyser de manière préemptive la réaction de ses chasseurs et bombardiers.

Comme le note Popular Mechanics, l'Ukraine perdrait la supériorité aérienne au-dessus de son territoire en quelques heures seulement. Et si l'Otan faisait intervenir ses propres chasseurs et bombardiers? Le scénario est fort peu probable, d'autant que l'Ukraine n'est bien sûr pas membre de l'Alliance, mais les équilibres seraient bien sûr très différents.

Les membres de l'Otan, et en particulier les États-Unis, disposent notamment de F-22 et de F-35 dans divers pays bordant l'Ukraine, la Pologne, la Roumanie ou les pays baltes (Estonie, Lituanie et Lettonie), et d'une importante force de renseignement aérien, qui surveille les faits et gestes russes 24 heures sur 24 et pourrait partager ses informations avec l'armée de l'air du pays menacé.

Avec une présence qui a été notablement renforcée ces dernières semaines, le Danemark, l'Espagne, les Pays-Bas, la France, la Belgique ou le Royaume-Uni, pour ne citer qu'eux, auraient sans doute quelques valeureux aéronefs (Eurofighter, F-35, Rafale, F-16) à opposer aux as russes pour tenter de sauver ce qui peut l'être –sans doute plus grand chose à ce stade.

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