Ce machin est supposé représenter l'avenir du combat russe. | Kalashnikiv Media
Ce machin est supposé représenter l'avenir du combat russe. | Kalashnikiv Media

Igorek, le mecha de Kalashnikov, n'est pas la seule arlésienne high-tech de l'armée russe

Beaucoup de promesses mais que des vieux clous en Ukraine.

Depuis la fin du mois de février et le début de la guerre qu'elle a déclarée à l'Ukraine, la Russie a multiplié les aveux de faiblesse. L'un concerne son manque criant de certains matériels militaires de dernière génération, qui l'a souvent empêchée de se montrer aussi offensive que dans ses intentions de départ. C'est un fait, souligne Interesting Engineering: Moscou pâtit chaque jour de sa disette en matière d'équipement moderne.

Un coup d'œil dans le rétroviseur rend les choses d'autant plus cruelles: si la Russie avait mené à bien tous les projets de développement technologique annoncés au cours des sept ou huit dernières années, elle serait aujourd'hui en position de force face à l'Ukraine. Peut-être même que la guerre aurait été pliée en quelques semaines.

Tous les dispositifs révélés n'avaient certes pas le même degré de crédibilité. Mais le fait que la Russie n'ait tenu presque aucune des promesses high-tech qu'elle avait faites au fil de ses nombreuses opérations de communication en dit long sur le fossé entre le discours russe et la réalité du terrain.

S'il fallait ne retenir qu'une arlésienne, ce serait sans doute Igorek, le mecha digne des plus grands univers de science-fiction. Développé par l'entreprise Kalashnikov, ce robot marcheur bipède a été présenté en 2018 à l'occasion d'une exposition militaire qui se tient tous les deux ans en périphérie de Moscou.

Depuis, plus rien. Ce qui n'a pas grand-chose de surprenant: le concept même de robots marcheurs a du plomb dans l'aile, et la mobilité d'Igorek aurait nécessité de nombreuses années de développement supplémentaires avant qu'il ne puisse être réellement utilisé sur le terrain.

De toute façon, selon Interesting Engineering, il n'en a peut-être jamais été question, Igorek n'ayant probablement servi qu'à améliorer l'image de la société Kalashnikov, dont le nom est avant tout associé aux gangs et aux guérillas urbaines.

Sink tank

On n'a pas davantage de nouvelles du char T-14 Armata, qui aurait dû permettre de définitivement tirer un trait sur tout une gamme de blindés inspirés du T-72 historique –y compris de ses défauts les plus criants, telle cette tourelle hautement explosive devenue symbole de la déconvenue technologique russe.

Systèmes de protection renforcés, ogives nucléaires, design totalement repensé: l'Armata, annoncé dès 2015, avait de quoi faire briller les yeux des militaires russes.

Quelque 2.000 T-14 auraient dû être bâtis aux alentours de 2020. Finalement, en août 2021, c'est un objectif plus raisonnable d'une vingtaine de tanks qui a été annoncé pour la fin de l'année. Depuis, ce nombre est apparemment passé à zéro, certains composants étant à la fois très chers et difficiles à obtenir. La Russie a donc ressorti ses T-62, vieux d'une soixantaine d'années, faute de disposer d'engins plus modernes.

Même infortune du côté des véhicules de combat robotisés promis dès le milieu des années 2010. L'Uran-9, présenté en 2016, était présenté comme le futur fer de lance de l'armée russe, qui allait lui permettre de tout écraser sur son passage. De la taille d'un petit camion, disposant de mitrailleuses performantes et de missiles antitank, il était destiné à être commandé par un unique opérateur.

Hélas pour la Russie, les premiers essais non simulés constituèrent une catastrophe. C'était en 2018, lors d'une mission en Syrie: incapable de maintenir la connexion sans fil le reliant aux hommes chargés de le contrôler à distance, Uran-9 a vite sorti le drapeau blanc. S'il avait suffi de procéder à quelques ajustements pour améliorer ses performances et sa réactivité, alors il aurait sans doute refait son apparition depuis le début de la guerre avec l'Ukraine. Mais le robot-tank manque à l'appel, comme un nouveau symbole du fiasco russe.

L'avion, l'avion, l'avion?

La liste des revers de la Russie dans le domaine des hautes technologies est longue. Elle inclut également le Sukhoi Su-57, avion de combat qui aurait dû rivaliser avec le F-22 Raptor américain. L'engin constitue pourtant l'un des projets les plus aboutis de l'armée russe, puisqu'elle dispose d'une poignée d'appareils de ce type –entre six et quinze selon les sources.

Le problème, c'est que le Kremlin avait commencé par tabler sur des centaines de Su-57, et que le manque de moyens a fini par le pousser à réduire ses ambitions. Résultat: aucun avion de ce type n'a été observé dans l'espace aérien ukrainien depuis le début de la guerre, ou alors à distance, de peur de perdre appareil si rare et dont les secrets intéresseraient beaucoup le renseignement occidental. Encore un incroyable symbole de la débâcle russe.

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