Des munitions russes à Izioum (oblast de Kharkiv), en Ukraine, le 14 septembre 2022. | Metin Aktas / Anadolu Agency / Anadolu Agency via AFP

Des munitions russes à Izioum (oblast de Kharkiv), en Ukraine, le 14 septembre 2022. | Metin Aktas / Anadolu Agency / Anadolu Agency via AFP

En Ukraine, la Russie s'en remet à d'imprévisibles munitions vieilles de quarante ans

À bout de souffle, et d'obus.

La guerre en Ukraine se joue évidemment sur le champ de bataille, mais aussi, et peut-être bientôt surtout, au niveau des chaînes d'approvisionnement des deux armées engagées. Et ce dans l'industrie militaire des alliés de Kiev comme dans celle que Moscou peut mettre en branle.

On sait ainsi que les États-Unis ont décidé de mettre le paquet sur la production de munitions, allant jusqu'à multiplier leur production par six dans certains cas dans les prochaines années, afin de continuer à abreuver l'Ukraine d'obus et de missiles neufs. Et il semble que la Russie, handicapée par les sanctions, ait beaucoup de mal à suivre.

Il faut dire que la cadence de tir est élevée: lors de récentes révélations sur l'entretien nécessaire des canons envoyés par les Occidentaux au pays envahi, il était calculé qu'au plus haut, 20.000 obus étaient quotidiennement utilisés côté ukrainien et 60.000 côté russe.

La pénurie à venir des missiles avec lesquels l'armée du Kremlin arrose les populations et infrastructures civiles ukrainiennes ne cesse d'être rappelée. Vadym Skibitsky, chef du renseignement à Kiev estime ainsi, dans le New York Times, qu'il resterait à Moscou de quoi lancer «encore trois à cinq attaques, si l'on compte quatre-vingts à quatre-vingt-dix missiles par vague». Après quoi son stock de projectiles spécialisés serait épuisé.

Du moins si l'Iran, à qui est prêté l'intention de collaborer de manière beaucoup plus importante avec la Russie, ne se met pas à lui envoyer des projectiles neufs par centaines, voire par milliers si l'on compte ses drones low-cost.

Notons à ce propos qu'Axios affirme que Téhéran, comme l'a fait Washington en bridant ses Himars envoyés aux troupes de Kiev, pourrait fixer une limite de portée aux armes fournies à Moscou, notamment aux Fateh-110 à longue allonge, de peur de déclencher de trop grandes foudres du côté occidental et des Nations unies.

Boum, quand votre obus fait boum

Les missiles ne sont pas les seuls touchés par ces problèmes d'intendance: les obus et roquettes plus classiques semblent également concernés. Ce qui n'a rien d'une surprise, mais ce qui est d'autant plus le signe d'un pays et d'une économie à bout de souffle, devant se tourner vers la Corée du Nord pour quémander les plus basiques munitions.

Selon des officiels du Pentagone et ainsi que le rapporte The War Zone, les stocks d'obus «pleinement opérationnels» utilisés par Moscou pourraient notamment être à zéro dès le début de l'année 2023. La situation est si tendue que le pays ressort même de la naphtaline de vieux bidules fabriqués pour certains il y a quarante ans, sous l'ère soviétique, et qui posent de sérieux problèmes de sécurité pour ceux qui doivent les manipuler.

Les Américains décrivent ainsi des «munitions dégradées». «Vous chargez et vous croisez vos doigts en espérant que le canon fasse feu, ou que la munition explose là où elle atterrit», décrit un anonyme officiel. «Cela contraint les forces russes à considérer les risques d'échecs, les performances imprévisibles, et à décider si ces munitions ont ou non besoin d'être remises à neuf, ce qui, bien sûr, nécessite une certaine expertise.»

Cette situation, qui pousse la Russie à puiser dans ses stocks les plus anciens, ressortant son matériel le plus dangereux pour ses propres troupes ou le plus inefficace, n'est pas nouvelle. Rappelons qu'il y a quelques mois, Moscou avait déjà dû faire appel à d'antédiluviens chars T-62 pour remplacer ceux, plus modernes, déjà tombés en nombre depuis le début de la guerre en Ukraine fin février.

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