Un T-62 en Syrie, en 2017. | Louai Beshara / AFP
Un T-62 en Syrie, en 2017. | Louai Beshara / AFP

En Ukraine, la Russie s'en remet au T-62, un char vieux de soixante ans

L'antique machin a été conçu en 1961.

Il semble que l'action des forces ukrainiennes contre les chars russes depuis le début de l'invasion, le 24 février, porte ses fruits, appuyée notamment par l'arrivée massive d'armes occidentales.

Moscou aurait du moins perdu environ 1.000 engins selon les analystes occidentaux, quand les autorités ukrainiennes parlent, elles, de 1.300 blindés partis en fumée.

Si l'armada russe déjà engagée dans le conflit ou encore en stock est innombrable, ce chiffre reste considérable. Le Kremlin semble en être réduit à sortir de la naphtaline certains de ses T-62, des blindés parfois vieux de soixante ans, conçus dans leur version initiale en 1961.

Des convois de ces vieux machins ont ainsi été aperçus dans les environs de Melitopol, dans l'oblast de Zaporijjia (sud-est), sans doute en route pour le front du Donbass, où la Russie grignote du terrain et où l'Ukraine semble être en grande souffrance.

Comme le note The War Zone, les décomptes occidentaux évaluent à 10.000 les chars que la Russie conserve dans ses vastes stocks, un quart d'entre eux étant ces vieux T-62, certes modernisés depuis leur entrée en service initiale mais que l'on pourrait croire appelés par la casse plutôt que par les rudesses du front.

Dans les vieux pots

Pourquoi alors faire appel à des engins si antiques? Selon The War Zone, ce pourrait être la preuve que la Russie commence à avoir du mal à maintenir ses engins plus récents –T-72, T-80 ou T-90 notamment– en bon état de marche.

Ces difficultés pourraient être liées à un manque de pièces, lui-même amplifié par les sanctions occidentales sur les importations technologiques. Il y a quelques semaines, il était ainsi rapporté que certains blindés tombés au combat avaient été retrouvés équipés de composants électroniques normalement destinés à l'électroménager domestique.

En outre, ce n'est pas la première fois que la supposées puissante et moderne armée russe fait appel à ces vieux machins, pourtant réputés moins efficaces et plus dangereux encore pour leurs équipages que les T-72 aux tourelles explosives.

Ils ont été utilisés lors de la guerre de Tchétchénie, de l'invasion de la Georgie en 2008 ou en Syrie, où ils étaient apparus en nombre. Ce sont donc peut-être ceux-ci, encore en état de marche à l'inverse des centaines d'engins stockés à l'air libre sans aucune maintenance, qui sont apportés en masse en Ukraine.

C'est justement pour faire masse que Moscou fait appel à eux. Historiquement et sur le plan de la doctrine militaire, la Russie aime le nombre autant que la qualité. Et au-delà de remplacer des T-72 et dérivés perdus depuis le début de la guerre, ces vieux T-62 pourraient amplifier les difficultés ukrainiennes à faire face.

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ses troupes en seraient déjà réduites à se battre à 1 contre 7 dans le Donbass et auraient besoin de plus d'armes lourdes, notamment de pièces d'artillerie, pour contrer ce déferlement russe que facilite la proximité de la mère patrie.

Les T-62 pourraient également servir aux armées séparatistes équipées par Moscou, ou occuper le terrain gagné tout en laissant des engins plus modernes s'occuper de la ligne de front. Malgré leur grand âge et les moqueries qu'ils suscitent, l'arrivée de ces chars n'est en aucun cas une bonne nouvelle pour une Ukraine déjà débordée, épuisée, ravagée par l'impitoyable politique de la terre brûlée menée par la Russie.

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