Un bel animal –du moins quand il vole, en un seul morceau. | Alex Beltyukov via Wikimedia Commons
Un bel animal –du moins quand il vole, en un seul morceau. | Alex Beltyukov via Wikimedia Commons

Des soldats russes ont-ils abattu leur propre Su-34 pour toucher une prime?

Une gaffe à plusieurs dizaines de millions d'euros.

Il n'est un secret pour personne que la Russie peine à trouver de la chair fraîche pour alimenter les fronts ukrainiens qu'elle a pourtant elle-même ouverts, allant même jusqu'à faire sortir de jeunes retraités de leur réserve pour combler les tranchées trop vides du Donbass.

Le 18 juillet, le ministère britannique de la Défense expliquait également que Moscou s'appuyait de plus en plus amplement sur le tristement fameux Groupe Wagner pour recruter de nouveaux hommes et faire masse dans ses rangs.

L'entreprise de mercenaires aurait désormais des critères de recrutement si bas que les repris de justice et hommes sans aucune trace de formation militaire étaient les bienvenus, risquant ainsi de faire encore baisser d'un cran la qualité générale des troupes russes engagées en Ukraine.

Quant au Washington Post, Task & Purpose et à Radio Free Europe (dont on rappelle néanmoins qu'il est un média financé par le Congrès américain), ils expliquaient parmi d'autres que le Kremlin sortait désormais l'artillerie financière lourde –bonus à la signature et avantages divers notamment– pour attirer de nouveaux hommes sous les drapeaux.

«Friendly fire»

Dans ce qu'elle nomme une «mobilisation furtive», Radio Free Europe notait même qu'il existait des primes aux résultats parmi ces divers bonus et avantages réservés aux nouveaux signataires. Abattre un tank ou un avion ennemi peut désormais rapporter gros au soldat responsable de l'exploit; selon notre confrère Emmanuel Grynszpan, la prime serait ainsi de plus de 5.000 euros pour un avion abattu.

De quoi avoir la gâchette facile? Possible. C'est ainsi que les médias ukrainiens puis occidentaux rapportaient le 18 juillet qu'un bombardier biplace Su-34, l'un des joyaux de l'armée de l'air russe se faisant de ce fait plutôt rare dans les cieux ukrainiens, avait été abattu dans la région de Louhansk.

Par des missiles ukrainiens? A priori non: selon les premières constatations, il s'agirait de l'œuvre des militaires russes, un peu trop prompts à lancer leurs défenses dans un cas classique –et plus courant qu'on ne le croit– de tir ami («friendly fire» en anglais).

De là à voir dans le malheureux accident, dont il est dit sur Telegram que l'équipage a pu se sortir indemne, le résultat d'une course à la prime, il n'y a qu'un pas que nous ne franchirons pas, rien ne permettant d'étayer la théorie.

Reste que la coïncidence est troublante, et qu'il est fort possible qu'en plus de se faire taper sur les doigts pour cet avion abattu, des militaires russes, quelque part, se les mordent pour les 5.000 euros trop rapidement entrevus. Les Ukrainiens, quant à eux, pourront peut-être à nouveau transformer en souvenirs des restes de l'appareil détruit.

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