L’USS Gerald R. Ford, propulsé pour la première fois par ses propres moteurs, le 8 avril 2017. | Ridge Leoni / US Navy / AFP

L’USS Gerald R. Ford, propulsé pour la première fois par ses propres moteurs, le 8 avril 2017. | Ridge Leoni / US Navy / AFP

L'USS Gerald R. Ford, porte-avion le plus cher de l'histoire, est un désastre

La catapulte électromagnétique dernier cri qui l'équipe est «très en dessous des résultats requis».

L'USS Gerald R. Ford est le navire de guerre le plus cher de l'histoire. Long de plus de 300 mètres, le porte-avion américain a coûté au Pentagone la bagatelle de 13,2 milliards de dollars (plus de dix milliards d'euros), et devait faire partie des fleurons de la marine des États-Unis.

Seulement, d'après un récent rapport du Pentagone révélé par Bloomberg, le bâtiment semble produire des résultats plus que décevants. La majorité des critiques se concentrent sur l'Electromagnetic aircraft launch system (EMALS), la technologie dernier cri qu'il utilise pour faire décoller les aéronefs.

Sur un porte-avion, la piste est trop courte pour que les avions puissent prendre leur envol seuls; ils doivent donc être propulsés par une catapulte. Les systèmes EMALS présentent de nombreux avantages comparés aux catapultes à vapeur couramment utilisées.

Ce système, qui coûte à lui seul 3,5 milliards de dollars, est notamment supposé nécessiter beaucoup moins de maintenance et de vérifications. Lors d'une visite de la presse en Novembre, le commandant du Gerald R. Ford affirmait qu'«on tourne la clé, et il est possible de lancer un vol. Après le vol, on l'éteint, et c'est bon».

Essais décevants

Malheureusement, lors des essais en mer scrutés par Robert Behler, le directeur des tests et évaluations, les catapultes électromagnétiques sont en moyenne parvenues à réaliser 181 «cycles» (lancements) sans défaillance. Le système est censé pouvoir en effectuer 4.166 avant de rencontrer un quelconque problème.

Cette performance est donc d'après Behler «très en dessous des résultats requis». Pour ne rien arranger, l'Advanced arresting gear, système qui est quant à lui chargé de stopper les avions lorsqu'ils atterrissent, enregistre de la même manière des résultats décevants.

Ces écueils sont d'autant plus problématiques que le système électromagnétique en question n'est pas seulement présent sur le Gerald R. Ford: il devra équiper tous les bâtiments de classe Ford, calqués sur ce premier porte-avion.

Pour l'instant, trois autres navires de classe Ford ont été annoncés, pour un budget de plusieurs dizaines de milliards de dollars. En France, le porte-avion qui remplacera le Charles de Gaulle devrait lui aussi embarquer une catapulte de ce type.

Ce rapport est une mauvaise nouvelle de plus pour l'armée des États-Unis, qui avait déjà été accablée en novembre 2020 par un rapport de l'organisme d'audit et d'investigation du Congrès.

Celui-ci étrillait alors le mauvais état général des avions de combat du pays, selon lui pas suffisamment préparés à réaliser leurs missions, donc à participer à une quelconque guerre.

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