Un véhicule en démonstration au festival de la conduite autonome de Séoul, en Corée | Jung Yeon-Je / AFP

Un véhicule en démonstration au festival de la conduite autonome de Séoul, en Corée | Jung Yeon-Je / AFP

Les véhicules autonomes vont-ils rendre les routes invivables?

Avant de contribuer à la ville parfaite, ils risquent de la détruire s'ils ne contournent pas certains obstacles.

Alors que les véhicules semi-autonomes se démocratisent, et ce malgré un nombre certain de ratés, les voitures entièrement autonomes semblent être l'inévitable futur de l'automobile. C'est du moins l'espoir des constructeurs, qui presque tous planchent sur des véhicules sans personne au volant.

Le but ultime serait de créer des villes peuplées de véhicules électriques en pilotage automatique, qui évitent les erreurs humaines et seraient donc plus sûres, plus écologiques et permettraient un trafic plus fluide. Seulement, un certain nombre de problèmes s'immiscent entre cette vision et la réalité.

Premièrement, l'offre peut créer la demande. C'est un phénomène qui s'appelle le «trafic induit». Cela veut dire que lorsqu'une infrastructure de transport est améliorée, une autoroute élargie ou une piste cyclable construite par exemple, le nombre de trajets augmente. Cela peut finalement échouer à fluidifier le trafic sur les routes.

Or, si il devient possible de travailler, de se divertir ou de dormir pendant que sa voiture effectue son trajet toute seule, il y a fort à parier que nous effectuions un grand nombre de déplacements que nous n'aurions pas fait auparavant.

Nouveaux trajets, nouveaux enjeux

À la première place de ces nouveaux trajets: ceux des véhicules vides. Ils pourraient servir à rejoindre les occupant·es d'un futur déplacement ou même, en cas d'un court arrêt, de continuer de rouler pour éviter de payer le parking. Si ces types de trajets sont autorisés, cela risque de congestionner considérablement les routes.

Ces possibilités font aussi courir le risque que les constructeurs se mettent à construire des véhicules plus gros et confortables, afin de mieux convenir à leurs nouveaux usages. L'actuelle grande popularité des SUV montre que les constructeurs sont bien plus portés par la demande que par des contraintes environnementales et de sécurité.

En plus de cela, les voitures électriques ne sont pas propres, contrairement à ce que l'on pourrait penser. Leur production, tout comme celle de l'électricité qui leur sert à se mouvoir, sont polluantes. Elles valent mieux qu'un moteur à essence, mais des véhicules plus gros, avec de plus grosses batteries et qui roulent plus longtemps risquent d'amoindrir les avantages de la démocratisation de l'autonome électrique.

La réponse à tout pourrait être le partage des véhicules, mais les automobilistes ne semblent pas décidé·es à abandonner leurs voitures personelles. D'après une étude de 2016, seul·es 41% des automobilistes américain·es seraient susceptibles d'abandonner leur voiture pour des taxis autonomes partagés si leur prix ne dépassait pas un dollar par mile [0,90 euros pour 1609 mètres]. À 2 dollars par miles, elles et ils ne sont plus que 15%.

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