De belles animations, mais des bugs, des plantages, des mises à jour continuelles, des trous de sécurité, des incompatibilités: Flash a dominé le web, et énervé le monde. | RV1864  via Flickr
De belles animations, mais des bugs, des plantages, des mises à jour continuelles, des trous de sécurité, des incompatibilités: Flash a dominé le web, et énervé le monde. | RV1864  via Flickr

Vie et mort de Flash, le plug-in le plus détesté du web

Ses animations ont dominé le réseau, mais ses bugs ont eu sa peau.

Flash est abandonné de tous. Le plug-in le plus connu, mais aussi le plus énervant de l'internet, propriété d'Adobe, va bientôt être désactivé sur Google Chrome, Mozilla Firefox et Internet Explorer. Une mort clinique prévue en 2020 par l'éditeur du logiciel, pour ce pionnier du web souvent tourné en dérision à cause de ses problèmes de sécurité et d'instabilité.

D'où peut bien venir Flash? Au début de l'année 2001, un homme d'une vingtaine d'années nommé Robert Small cofonde une entreprise nommée Miniclip. Son objectif est d'arriver, par le biais du web qui est en train de se démocratiser, à pousser la création de contenus vidéo courts et de petits jeux animés.

Il découvre alors l'existence d'un logiciel d'animation dont l'installation ne nécessite qu'un court instant avant de laisser place à la lecture des vidéos: Flash. Miniclip rachète alors à une entreprise nommée Macromedia les droits d'utilisation du software.

Les activités de l'entreprise explosent, et Miniclip se lance dans la création de centaines de petits jeux animés par le plug-in. Le succès commercial est retentissant, l'entreprise vend même un jeu à Disney pour 700 millions de dollars (636 millions d'euros), et la popularité de Flash augmente. Si vous traîniez sur internet au début des années 2000, il y a de grandes chances que vous ayez joué à un jeu Miniclip.

Via Macromedia, Flash est ensuite racheté par Adobe en 2005 pour 3,4 milliards de dollars, soit environ 3,1 milliard d'euros. Le logiciel passe alors un nouveau cap.

Omniprésence et décadence

Comme l'explique Wired, et selon Adobe, près de 70% des 100 plus grandes entreprises du monde utilisent quotidiennement Flash sur leurs sites web au mitan des années 2000. La firme américaine affirme que le logiciel est installé sur «environ 98% des ordinateurs connectés à internet» et sur «65 millions d'appareils électroniques, télévisions, panneaux d'affichage, appareils photo, jouets éducatifs ou même réfrigérateurs».

Flash est ainsi devenu, en quelques années, le standard de la vidéo sur le web. Il change la face de l'internet. À l'instar de Miniclip, les entreprises qui doivent leur succès à sa technologie sont légion –à commencer par YouTube.

Comme tout nouveau produit qui arrive sur le marché, Flash a été supplanté par d'autres innovations, et handicapé par d'importants problèmes techniques et sécuritaires. En 2010, dans une lettre ouverte, Steve Jobs déclare la guerre à Flash, soulignant son instabilité et refusant de le voir installé sur iPhone.

Avec la montée en puissance des réseaux sociaux depuis 2008, le web est passé à une autre étape. Les architectures numériques construites avec Flash apparaissent dès lors comme celles d'un temps révolu.

Enfin, avec le passage au HTML 5 à partir de 2014, certaines de ses fonctionnalités sont devenues carrément obsolètes. Adobe a finalement annoncé que le plug-in cessera de recevoir des mises à jour en 2020: repose en paix, Flash.

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