Le logo de l’application WeChat sur l’écran d’une tablette, à Paris. | Martin Bureau / AFP

Le logo de l’application WeChat sur l’écran d’une tablette, à Paris. | Martin Bureau / AFP

WeChat censurerait des mots clés liés au coronavirus

Avec le milliard de personnes qui en font usage, WeChat est la messagerie la plus populaire de Chine.

Mal connue en Occident, WeChat est l'application de messagerie qui connaît le plus de succès en Chine. Depuis mars 2018, elle compte plus d'un milliard d'utilisateurs. Elle est aussi soumise à la censure du régime chinois.

Comme le reste de l'internet du pays, certains mots clés y sont interdits, surtout pour éviter la propagation d'idées politiques dissidentes à celles du gouvernement. Mais d'après des scientifiques canadien·nes, la Chine tente aussi de contrôler les informations échangées à propos de l'épidémie de Covid-19, ou coronavirus, dont le foyer se trouve dans le pays et qui se répand autour du monde.

L'équipe de recherche canadienne du Citizen Lab, de l'université de Toronton a créé des comptes-test WeChat: deux au Canada et un en Chine. Les comptes canadiens ont ensuite envoyé des séries de messages et des articles de presse contenants des mots clés au compte chinois afin de voir quels messages ne parvenaient pas à leur destinataire.

Après un ensemble de tests, leur expérience a déterminé que 132 combinaisons de mots étaient censurées en janvier. En février, la censure est montée d'un cran avec 516 combinaisons interdites.

Lanceurs d'alertes et services américains

Il est ainsi impossible de parler de Li Wenliang, un médecin de Wuhan qui a été l'un des premiers à alerter sur le virus avant d'être arrêté puis relâché et qui est décédé par la suite, contaminé par le virus.

Le mot «coronavirus» lui-même peut être bloqué si il est présent dans le même message que d'autres mots, comme «centres pour le contrôle et la prévention des maladies US». Le réseau social YY, similaire à Twitch, aurait lui aussi banni quarante-cinq mots clés en décembre, avant de rétablir cinq d'entre eux en février.

Le gouvernement ainsi que les autorités locales du Wuhan ont été très critiqués pour leur gestion initiale du virus. Ils sont accusés d'avoir tardé à admettre la présence d'une épidémie et à y réagir et d'avoir au contraire tenté de faire taire les médecins.

Elle a aussi profité du virus pour mettre en place des mesures de contrôle de la population et certains observateurs craignent qu'elles soient laissées en place lorsque l'épidémie sera surmontée.

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